Une «tache» sur la société indienne
New Delhi, 19 août 2003 (Apic) Alarmé par le nombre croissant d’incidents concernant l’avortement sélectif des foetus féminins dans le pays, le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a qualifié ces infanticides de «tache» sur la société indienne. Le chef du gouvernement a appelé à des efforts concertés pour mettre fin à ces pratiques condamnables et déstabilisatrices pour l’avenir de la société indienne.
Selon l’agence de presse indienne PTI, plus de 1’500’000 cas d’avortements sélectifs de foetus féminins ont eu lieu en Inde durant ces dix dernières années. C’est une «tache» sur la société indienne. Même dans certains Etats de l’Union indienne pourtant économiquement développés, le nombre de la population féminine diminue constamment en comparaison avec celui des hommes. «Ceci est une signal d’alarme», lance Atal Behari Vajpayee.
Lors de la séance de remise de prix à Mahila Mandal, une ONG établie à Udaipur qui milite pour la promotion des femmes et des enfants dans la région de Mewar, A. B. Vajpayee a demandé au Bureau central de la Sécurité sociale de jouer un rôle plus actif pour contrer cette menace. Le Premier ministre a réclamé à cette occasion une plus grande collaboration entre le gouvernement et les ONGs concernées.
Enumérant l’ampleur du problème dans le domaine de l’action sociale, il a souligné la nécessité «d’un partenariat entre le privé et le public» pour faire face à ce gigantesque effort en raison de l’incapacité du gouvernement à faire face seul aux besoins des secteurs les plus faibles de la société. D’après Vajpayee, il y a eu des déficiences au niveau du fonctionnement des ONG, dont certaines «existent uniquement pour recevoir des fonds du gouvernement (.) La devise de ces institutions n’est pas d’aider les autres mais de s’aider soi-même».
92,7 filles pour 100 garçons en raison des avortements sélectifs
Dans le sous-continent indien, notent les observateurs, des comportements sexistes profondément ancrés dans les mentalités ont des effets démographiques inquiétants. En analysant certaines données du recensement de la population indienne de 2001, on découvre que les naissances de filles sont en forte diminution. Parmi les moins de 6 ans, si l’on recensait 94,5 filles pour 100 garçons en 1991, cette proportion est passée à 92,7 en 2001. Cette évolution est due non pas à une hausse de la mortalité parmi les fillettes, mais une baisse de la natalité féminine par rapport à la natalité masculine, due en partie à l’utilisation de plus en plus répandue – bien qu’officiellement et légalement prohibée – des techniques de détermination du sexe du foetus, qui permettent des avortements sélectifs. (apic/pti/na/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse