Inde: L’ombre d’Ayodhya derrière les attentats sanglants de Bombay ?
Bombay, 25 août 2003 (Apic) L’ombre de la mosquée de Babri à Ayodhya, détruite en 1992 par des fanatiques hindous, se profile derrière les attentats sanglants de Bombay, qui ont fait lundi 25 août plus de 50 morts et quelque 150 blessés.
Deux puissantes explosion ont ravagé lundi matin le centre de Mumbai (Bombay), capitale économique et financière de l’Inde. Le bilan encore provisoire pour le moment est d’une cinquantaine de morts et 150 blessés, mais les autorités craignent qu’il puisse encore augmenter. Une première déflagration est survenue dans les environs du «Gateway of India», un monument historique qui commémore la visite du Roi Georges V et de la Reine Marie en Inde en 1911, lieu touristique très fréquenté et situé au sud de la ville. Le second attentat, presque simultané, a en revanche frappé les environs du temple hindou de Mumba Devi, dans le centre de Mumbai.
Si le gouvernement indien n’a pas encore officiellement désigné les coupables de ces attaques terroristes, le vice-Premier ministre Lal Krishna Advani a rappelé lundi que la série d’attentats contre les transports publics commis depuis décembre dernier à Mumbai étaient à mettre sur le compte du Mouvement des Etudiants Islamiques d’Inde (Simi). Le Simi est accusé d’agir avec le soutien du Lashkar-e-Toiba, un groupe militant basé au Pakistan, responsable selon New Delhi de l’attaque contre le parlement indien en décembre 2001. Cette attaque avait fait 15 morts, dont 5 terroristes.
Une série d’attentats depuis décembre dernier
Dans la ville l’état d’alerte a été décrété et l’heure est à la panique collective car la population est terrorisée par le fait que puisse se répéter la série d’attentats à la dynamite qui en 1993 ont ensanglanté la ville à l’occasion de l’anniversaire de la destruction de la mosquée de Babri à Ayodhya détruite en 1992 par des extrémistes hindous. A l’époque 12 explosions s’étaient suivies en un peu moins de 2 heures, faisant 257 morts et 712 blessés.
L’attentat de lundi est le sixième acte terroriste depuis décembre dernier qui frappe la ville portuaire indienne. Les précédents attentats, dont la moitié contre des moyens de transport bondés, ont été attribués à la formation extrémiste musulmane Lashkar-e-Toiba, entretenant des liens avec le Pakistan.
Ce groupe terroriste est considérée responsable de l’assaut contre le Parlement indien en décembre 2001 qui a porté New Delhi et Islamabad à un pas de l’affrontement belliqueux. Les causes de l’explosion n’ont pas été identifiées par la police qui n’a formulé aucune hypothèse sur les raisons ayant pu pousser les auteurs des attentats.
Les résultats des fouilles d’Ayodhya vont durcir les fronts
Même s’ils n’ont pas été revendiqués, certains observateurs se hasardent déjà à établir un lien entre les explosions et les résultats diffusés ce lundi des fouilles archéologiques sur le site sacré d’Ayodhya, dans l’Uttar Pradesh (Nord de l’Inde), que se disputent hindous et musulmans. D’autres observateurs mettent en rapport ces actes terroristes avec le festival religieux dédié au Dieu hindou Ganesh qui commencera dimanche prochain.
En réalité les explosions ont suivi de quelques heures la diffusion par la Haute Cour de Lucknow, dans l’Etat de l’Uttar Pradesh, du résultat d’une équipe d’archéologues chargé par le gouvernement d’une recherche sur les restes de la mosquée d’Ayodhya. Les documents produits témoigneraient de l’existence d’un édifice hindou sacré qui se serait trouvé sous la mosquée.
Cette découverte devrait jouer en faveur des revendications des fondamentalistes hindous qui veulent à tout prix reconstruire leur temple sur les ruines de la mosquée du XVIe siècle. L’Inde est peuplée d’un milliard de personnes dont 83% sont de religion hindoue et 11%, soit plus de 100 millions de citoyens, de confession musulmane. (apic/bbc/misna/be)
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