Nigeria: Avocats Sans Frontières défend à nouveau Amina Lawal
Abuja, 26 août 2003 (Apic) Avocats Sans Frontières (ASF) défendra une nouvelle fois Amina Lawal dans son procès en appel devant un tribunal islamique de l’Etat de Katsina au nord du Nigeria. Elle est poursuivie pour avoir violé la loi islamique en vigueur dans cet Etat en donnant naissance à un enfant, alors qu’elle n’est pas mariée. Elle a été condamnée à mort par lapidation, lors d’un premier jugement, en mars 2003.
ASF sera représenté au procès par l’avocat québécois Pierre Lebras. Celui- ci a déclaré lundi 25 août sur Radio France Internationale que la mobilisation de son organisation en faveur d’Amina Lawal est «tout à fait exceptionnelle». Dans un Etat de droit, la règle doit «évoluer et progresser», a-t-il dit. Que des avocats s’engagent bénévolement au procès s’explique aussi par le fait qu’ils «se sentent concernés, en tant que professionnels du droit, par un dossier comme celui-là», a-t-il ajouté.
Le 28 mai dernier, des avocats français du barreau de Paris avaient déjà apporté leur soutien à la Nigériane de 32 ans. Le procès en appel avait été programmée pour le 3 juin dernier, mais a été reporté à fin août.
ASF avait été représentée au premier procès par Catherine Mabille. A son issue, elle avait dénoncé les conditions du premier jugement. Les droits de sa défense n’ont pas été «respectés», avait-t-elle notamment déclaré, lors d’une conférence de presse.
Amina Lawal est également défendue par une avocate nigériane, Hawa Ibrahim. Cette dernière avait plaidé, l’année dernière, en faveur de Safiya Husaini, une autre Nigériane jugée aussi pour adultère, après avoir donné naissance à une fille hors mariage. Le tribunal islamique de Sokoto l’avait acquittée par la suite, pour vice de forme. La communauté internationale s’était massivement mobilisée contre le procès.
Selon la loi nigériane, même au cas où la condamnation à mort d’Amina Lawal serait confirmée par le tribunal islamique, son avocate peut recourir à un appel devant la Cour fédéral. La loi fédérale lui donne aussi la possibilité de saisir la Cour suprême en dernier lieu. Toute cette procédure peut durer plusieurs années. Le gouverneur de l’Etat de Katsina, ainsi que le président Olusegun Obasanjo, ont le droit d’intervenir en faveur de la prévenue. Ils peuvent, de ce fait, user de leur droit de grâce. (apic/ibc/na)
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