COE: Le secrétaire général Raiser a présenté son dernier rapport au Comité Central

Pour une « nouvelle constellation oecuménique »

Genève, le 27 août 2003 (Apic) Le pasteur Konrad Raiser a présenté le 26 août son dernier rapport comme secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE). « On ne peut laisser aux mains des seules Eglises l’avenir du mouvement oecuménique », a-t-il déclaré, préconisant une « reconfiguration » des organisations mondiales et régionales liées aux Eglises. Le Comité central du COE, en réunion du 26 août au 2 septembre à Genève, élira le 28 août le successeur du pasteur Raiser, lequel se retire à la fin de l’année.

En présentant son rapport devant les 158 membres du Comité central, Konrad Raiser a appelé à un changement radical des méthodes de travail des organisations d’Eglises. Il a comparé les problèmes que connaît le mouvement oecuménique à ceux que rencontrent les Nations Unies et d’autres organisations: « manque de fonds, augmentation du bilatéralisme, concurrence croissante entre les institutions des Nations Unies ».

Il s’agit pour le COE de « rallier à nouveau les partenaires autour d’un ensemble commun de valeurs et d’attitudes et d’aiguiser la conscience d’une mission commune », a déclaré le pasteur Raiser dans une information retransmise par l’agence d’information oecuménique ENI. Le secrétaire général du COE a souligné que l’objectif de la nouvelle configuration n’était pas simplement une plus grande efficacité. « Aussi importante que soit, pour les différentes organisations partenaires, la question du financement, ce n’est là qu’un facteur parmi tous ceux qui doivent contribuer à nous permettre d’atteindre l’objectif plus large du mouvement oecuménique: affirmer plus clairement un oecuménisme fondé sur certaines valeurs », a-t-il dit.

Le COE resterait « une communauté fraternelle d’Eglises » avec comme mandat de « promouvoir la cohérence du mouvement oecuménique sans pour autant prétendre y détenir les leviers de commande ». Les « partenaires » comprendraient, en plus des Eglises, des organisations et communions régionales et mondiales; les agences liées aux Eglises, qui financent de nombreuses activités dans les domaines de la mission, de la diaconie et du service – et des organisations oecuméniques internationales qui s’intéressent à une cause particulière.

« On ne peut laisser aux mains des seules Eglises l’avenir du mouvement oecuménique », a fait remarquer le pasteur Raiser. « Bien évidemment, celui- ci dépasse aussi les limites constitutionnelles du COE. » « Parler de reconfiguration, ce n’est donc pas vouloir centraliser le mouvement oecuménique et tout placer sous le contrôle du COE. »

Un mandat pour le prochain secrétaire général?

La proposition pourrait représenter la dernière initiative du mandat de 10 ans de Konrad Raiser comme secrétaire général du COE. L’application de cette proposition, si elle est acceptée, devrait revenir au nouveau secrétaire général, qui devrait être élu le jeudi 28 août et prendre ses fonctions l’année prochaine.

Le COE, dont le siège est à Genève, compte 342 Eglises protestantes, orthodoxes et anglicanes, dont un grand nombre sont également membres de différents conseils d’Eglises régionaux et nationaux, de communions mondiales et communautés luthériennes, réformées anglicanes et autres. Le COE coopère dans un certain nombre de domaines avec l’Eglise catholique romaine. Une nouvelle forme plus cohérente de coopération pourrait réduire la multiplication des activités entre les diverses organisations, avait déclaré l’an dernier le pasteur Raiser au Comité central.

Un regroupement fait réduire le nombre de membres

En séance plénière, le Comité central a accepté l’admission conjointe des deux Eglises moraves d’Amérique, celle de la province du Nord et celle de la province du Sud, groupées sous une appellation commune d’ »Eglise morave d’Amérique ». Elles étaient déjà individuellement membres mais répondent ainsi à l’appel du Comité exécutif de se regrouper de façon à progresser dans la voie de l’unité, informe le COE dans un communiqué. Leur admission conjointe réduit le nombre d’Eglises membres du COE à 341.

Pour leur part, le Conseil chrétien du Nigeria, le Conseil chrétien de Norvège, le Conseil protestant du Rwanda et le Conseil des Eglises de Porto Rico ont été reconnus Conseils associés du COE. Deux mouvements ont aussi vu leur candidature au statut d’ »Organisation oecuménique internationale en relation de travail avec le COE » reconnue par le Comité central: Global Fellowship of Christian Youth, fondée en 1963, qui travaille à la formation de responsables de jeunesse, d’échanges de jeunes et de soutien financier aux activités de jeunesse dans le cadre des Eglises, d’une part, et, d’autre part, Habitat for Humanity International qui, depuis 1976, a construit plus de 10’000 logements dans le monde entier. (apic/eni/coe/bb)

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