Fribourg: Rencontre du premier Forum Social Suisse du 19 au 21 septembre
Fribourg, 27 août 2003 (Apic) Héritier du second Forum Social Mondial de Porto Alegre au Brésil, le Forum Social Suisse (FSS) tiendra sa première rencontre du 19 au 21 septembre à Fribourg. Il se définit comme « comme un espace de réflexion et de débat » et annonce quelques centaines de participants.
C’est lors de leur retour du Brésil, en mars 2002, que le groupe de délégués suisses décide d’ouvrir un processus de réflexion et de construction, annoncent les organisateurs dans un communiqué signé de Sergio Ferrari, du service de presse d’E-CHANGER. Si « un autre monde est possible », comme l’affirmait fortement Porto Alegre, le débat sur « une autre Suisse possible », différente de celle des capitaux, de Davos, de la place financière, du secret bancaire, des marchés hégémoniques et tout puissants, leur apparaissait nécessaire et inévitable.
Un groupe de travail promoteur convoquait une première Assemblée générale préparatoire à Berne, en décembre dernier. Une cinquantaine de militantes et militants sociaux se sont impliqués dans cette préparation. Au seuil du premier Forum Social Suisse, à la mi-août, une quarantaine d’organisations de tous types comme une demi-douzaine de journaux et de revues progressistes ont adhéré au FSS.
Partis politiques bienvenus, pour autant que .
La manifestation de Fribourg verra la participation de syndicats nationaux comme Comedia ou le SSP (services publics), d’ONG de développement et de volontariat comme la Communauté de travail, E-CHANGER, Interteam ou GVOM, de mouvements comme ATTAC-Suisse, le Forum Social Lémanique ou la Déclaration de Berne, d’organisations religieuses, de droits humains (comme Amnesty Suisse), féministes, de Sans Papiers, de solidarité, ainsi que de différents groupes d’immigré-e-s. Les organisateurs indiquent que « les partis et les organisations politiques écologistes, progressistes, de gauche, ont leur place au sein du FSS, pour autant qu’ils l’acceptent comme un espace citoyen de la société civile suisse et de ses acteurs sociaux, et qu’ils reconnaissent le rôle protagonistes de ceux-ci ».
Comme le précise la Charte en six points adoptée par sa seconde assemblée générale de préparation, le FSS « ne prétend ni remplacer les mouvements existants ni se convertir en un méga-mouvement superstructurel et réductionniste. Il vise plutôt à créer simplement un espace régulier, systématique, annuel, de rencontre, de débat et de réflexion entre les secteurs les plus diversifiés dans la perspective de rechercher et de trouver, au niveau suisse, des alternatives au système néolibéral actuellement hégémonique ».
Une quarantaine d’ateliers
Le programme du prochain FSS prévoit une quarantaine d’ateliers, les 20 et 21 septembre. Ils iront de la problématique de l’immigration aux spécificités de la solidarité suisse avec le Sud (par exemple avec Cuba et le Chiapas), en passant par les thématiques écologiques, du développement soutenable, de l’économie alternative, de la culture et de l’information en Suisse.
Le samedi 20 au soir, après la fin de la manifestation « Touche pas à mon AVS » convoquée par les syndicats et l’Union Syndicale Suisse, se tiendra un débat public destiné à approfondir la réflexion sur les prochains pas – dans l’immédiat et à plus long terme – en ce qui concerne l’âge de la retraite et le système des pensions.
Le FSS est membre actif de la famille du Forum Social Européen (FSE). Des informations complémentaires se trouvent en quatre langues (allemand, français, italien et espagnol) sur le site www.socialforum.ch.
Encadré 1:
Asiatiser le FSM
La 4e session du Forum social mondial se tiendra à Bombay (Inde), du 16 au 21 janvier 2003, sortant pour la première fois de sa cité-mère, Porto Alegre. La tenue du prochain FSM en Inde est « un pas très important et décisif dans un processus qui tend vraiment à universaliser la recherche d’alternatives », affirme Eric Toussaint, président du Comité pour l’abolition de la dette du Tiers Monde (CADTM) et membre du Conseil international du FSM.
« Asiatiser le FSM obligera à introduire une nouvelle logique, une nouvelle perception de ce processus, jusqu’ici centré surtout sur l’Amérique latine et l’Europe », relève Toussaint. « Il faut rappeler que plus de la moitié de la population mondiale se trouve en Asie et qu’il existe de très forts mouvements sociaux, parmi lesquels des organisations paysannes de premier niveau, dans des pays comme l’inde ». Sans oublier que « la présence africaine pourra sûrement se renforcer lors de cette session ». BB
Encadré 2:
La Charte du FSS en six points
1.– Dans le même esprit que le Forum mondial et les Forums continentaux, en particulier celui de Florence, le Forum social suisse est, et doit rester, un espace et un processus ouverts.
2.-Le Forum social suisse a ses propres rythmes. Il n’est pas dépendant des rythmes du Forum social mondial né à Porto Alegre, ou du Forum social européen né à Florence.
3.-L’ambition et la tâche principale du Forum social suisse est de mettre en réseau les mouvements existant ou qui se formeront. Une fois par année, il organise un forum sur plusieurs jours qui soit un véritable état des lieux des mouvements sociaux en Suisse et qui débatte tant de thèmes d’actualité qu’intemporels ou plus stratégiques. Le but de ces journées est l’échange, en espérant que cela face évoluer favorablement tant la compréhension du monde que la lutte pour un autre monde que nous pensons tous possible et indispensable. Le Forum social suisse essaie aussi de coordonner les actions menées par les différents mouvements.
4.– La Charte de Porto Alegre est un des documents constitutifs du Forum social suisse. En principe une charte du Forum social suisse devrait être élaborée à partir des éléments constitutifs suisses (rôle de la Suisse dans le concert impérialiste mondial, la place financière suisse, l’immigration, le blanchiment d’argent, les droits sociaux et politiques en Suisse, etc).
5.-Le Forum ne remplace pas les mouvements. Il faut que ces derniers continuent leur activité, ce serait une perte pour tout le mouvement social suisse qu’ils perdent leur identité.
6.-Le Forum n’est pas un super mouvement, ni une organisation faîtière des mouvements. Dans ce sens, il ne prend pas position à la place des mouvements et ne se structure pas dans ce but. Seule l’assemblée générale pourrait le cas échéant prendre position sur certains sujets d’actualité au moment de ses réunions
(apic/com/sf/bb)
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