Une journée missionnaire diocésaine en 2004?

Fribourg: Rencontre des missionnaires en congé du diocèse de LGF

Par Geneviève de Simone-Cornet

Fribourg, 30 août 2003 (Apic) «Pourquoi ne pas organiser l’année prochaine une journée missionnaire diocésaine pour interpeller les chrétiens de chez nous?», s’est demandé Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, invité samedi 30 août à rencontrer les missionnaires en congé de son diocèse chez les Missionnaires de Bethléem à Fribourg. Ils étaient plus d’une cinquantaine à avoir répondu présents à cette Fête de la Mission qui a vu se succéder un tour d’horizon des congrégations et instituts présents, des témoignages et la messe à Sainte-Thérèse animée par la chorale africaine de Zurich.

La grande salle de la maison des Missionnaires de Bethléem à Fribourg, la maison de Torry, a accueilli ce samedi après-midi une cinquantaine de missionnaires religieux et laïcs de dix-sept congrégations et instituts s’y étaient donné rendez-vous autour de Mgr Genoud pour confronter leurs expériences et chercher ensemble des pistes pour réveiller l’esprit missionnaire dans le diocèse.

Cette Fête de la Mission marquait – après quelques années d’interruption faute de participants – la reprise de la rencontre des missionnaires en congé pour le diocèse. A l’origine de cette journée, un comité formé des missionnaires d’Afrique Raphaël Deillon, délégué à la Mission pour le diocèse, et Frido Zimmermann, du Père Bruno Holtz, Missionnaire de Bethléem, et de Médard Boeglin, de l’organisme d’entraide Missio.

Une foule d’initiatives et de réalisations

Evangélisation Sud-Sud, travail en commun sur le terrain, formation de missionnaires indigènes et vie en communautés internationales, autant de visages actuels de la mission soulignés par les missionnaires dans le tour du monde des congrégations, en ouverture. Une constatation: du Chili à Taïwan en passant par l’Afrique, continent où leur présence est encore significative – en dépit de leur âge et de la forte croissance des Eglises locales -, les missionnaires du diocèse sont à l’origine d’une multitude d’initiatives et de réalisations dans les domaines de l’évangélisation et du développement.

Deux domaines qui, ont-ils souligné, vont de pair. Frère Bernard Maillard, directeur de Missio OPM (Oeuvres pontificales missionnaires), organisme qui encourage l’échange et le partage entre Eglises, a exhorté les congrégations à «ne pas se considérer comme opposées».

Puis six missionnaires ont évoqué leur engagement. Hubert Monnard, père de famille engagé dans l’éducation dans le diocèse des Gonaïves en Haïti avec la Mission Bethléem Immensee, a relevé que «partir c’est naître à une vie nouvelle, c’est une expérience passionnante qui ne peut qu’enrichir celui qui la tente». Une expérience qui lui a permis de «mieux approcher la misère de la population, de découvrir d’autres situations et valeurs, de nouer des amitiés, de déchiffrer dans les rides l’écriture de l’espérance».

Soeur Dominique Rölli, ursuline, est présente au Tchad depuis trente-quatre ans. Elle a quitté la brousse il y a six ans pour travailler en ville, toujours dans le diocèse de Pala. Avec cinq consoeurs, elle y coordonne la pastorale des jeunes – plus de 5’000 – et anime un centre culturel fréquenté par plus d’un millier de lycéens de toutes ethnies et religions dans la conviction que «pastorale et développement ne font qu’un». Soeur Dominique accompagne aussi, et avec joie, des communautés ecclésiales de base (CEB), creusets de la vie chrétienne dans les paroisses.

Une croissance étonnante

La semence peut grandir soudainement: c’est l’expérience neuve faite par le Père Yves Bochatay, Coopérateur paroissial du Christ-Roi (CPCR), en mission à Kinshas. Il travaille en République Démocratique du Congo avec trois confrères depuis le 1er décembre 2002. Un prêtre congolais enchanté par une retraite est entré dans la congrégation et les choses se sont enchaînées à Kinshasa, si bien qu’aujourd’hui ils sont sept postulants. Les CPCR oeuvrent dans la formation des laïcs, religieuses et religieux dans les paroisses et les CEB, qu’ils essaient de rendre plus attentives à la vie des quartiers dans lesquels elles sont insérées.

La mission? «Elle enrichit, on reçoit beaucoup».

Soeur Denise Augsburger, Soeur de Notre-Dame d’Afrique, a passé plus de quarante ans en Ouganda dans la formation de soeurs africaines, des jeunes et des catéchistes; elle a aussi animé des retraites. Ce qu’elle en retient? La fraternité vécue au quotidien. «Je repartirais demain si je le pouvais» assure-t-elle Sa joie est réelle de savoir que d’autres religieuses, formées par elle, ont repris le flambeau. Et qu’à Fribourg, elle est un peu le porte-parole des Ougandais.

Frère Maurice Leiggener, Missionnaire d’Afrique, travaille au Niger dans la construction. Deux couleurs l’ont toujours guidé dans ses engagements: le service des plus petits et la louange du plus grand. Pourquoi le service des plus démunis? «La réponse se trouve sur le chemin du silence, de la solidarité et des textes sacrés». Parce que Jésus, Maître et Seigneur, l’a fait le premier. Alors «je suis apprenti de mon Maître et Seigneur, je continue d’apprendre à servir les plus petits». Et la louange? «Elle surgit de l’écoute du monde, de l’admiration devant les personnes rencontrées, des situations de la vie», elle s’apprend dans le service des plus petits. «Demain? Comme aujourd’hui. Pourquoi pas?», a lancé Maurice Leiggener en conclusion.

Soeur Solange Hibon, Franciscaine Missionnaire de Marie, a présenté Voyage- partage, qui permet à des jeunes de vingt à trente ans de faire une expérience de solidarité de courte durée – de trois mois à un an – sur un autre continent. Ce service a été créé en 1991 par les instituts religieux missionnaires de Suisse romande. «C’est une nouvelle forme de mission et les expériences sont dans l’ensemble positives: le jeune de retour porte un regard neuf sur le monde et éveille dans son entourage l’intérêt pour la mission.»

Des expériences à faire connaître

«Vous êtes la réalisation de la mission de l’Eglise diocésaine», a dit Mgr Genoud aux missionnaires présents. Impressionné par la richesse et la diversité des témoignages et désireux de les faire partager plus largement pour réveiller l’esprit missionnaire ici, il a proposé que l’on organise en 2004 une journée missionnaire diocésaine. Dont il sera, si elle se fait, partie prenante. Des pistes ont été évoquées: une lettre de l’évêque aux missionnaires à Noël, l’insistance sur les vocations missionnaires lors des années des vocations sacerdotales (2005) et religieuses (2006), une action pour abonner les missionnaires à des revues qui les relient à leur diocèse.

Les participants se sont ensuite retrouvés à l’église Sainte-Thérèse à Fribourg pour la messe de clôture, animée par la chorale africaine de Zurich, forte de trente-cinq membres. Dans son homélie, l’évêque a souligné que la mission est l’affaire de tous: il s’agit «que tous soient messagers de Dieu dans les réalités qu’ils vivent» et qu’il n’y a pas de professionnels de la mission. La mission «n’est pas notre propriété privée», mais «d’abord l’affaire de Jésus», a encore souligné l’évêque, qui, en conclusion, a exhorté chacun à redonner courage pour porter en vérité le nom de chrétien. COR

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