46,5% de la population en dessous du seuil de pauvreté

Burkina Faso: La paupérisation augmente sans cesse depuis plusieurs années

Ouagadougou, 9 septembre 2003 (Apic) La pauvreté s’est aggravée au cours des cinq dernières années au Burkina-Faso. Selon le Réseau Intégré d’Information Régional de l’Onu (Irin), les quelque 11 millions d’habitants que compte le pays sont devenus de plus en plus pauvres. 46,5% parmi eux vivent en dessous du seuil de la pauvreté, avec un revenu de moins de 82’670 FCFA (138 dollars) par personne et par an.

Les résultats d’un sondage de l’Institut National de Statistiques et de Démographie (Insd) du Burkina-Faso sur le coût de la vie publiés à Ouagadougou, montrent que la paupérisation n’a cessé de se développer dans le pays. En 1998 les pauvres étaient 45,3 %, contre 44,5 % de la population enregistrée en 1994.

Les efforts du gouvernement pour améliorer les conditions de vie des populations ont été entravés par l’arrivée de plus d’un demi-million d’immigrants, venus de Côte d’Ivoire l’an dernier. Plusieurs se sont réfugiés au Burkina Faso pour échapper aux troubles, marqués dans le pays par un rejet des étrangers, considérés comme sympathisants des rebelles.

Le sondage de L’Insd a montré que presque la moitié de ceux qui vivent sous le seuil de la pauvreté au Burkina-Faso subsiste avec moins de 50 cents par jour. La plupart d’entre eux vivent dans les campagnes.

La pauvreté a doublé en ville depuis 9 ans

Le sondage a révélé également une nette augmentation de la pauvreté extrême en milieu urbain. C’est la conséquence de l’exode rural qui concerne les personnes défavorisées vers les villes, a fait remarquer Daniel Bambara, directeur général du Planning économique au Ministère de l’Economie et du Développement du Burkina-Faso. La proportion des gens vivant dans la pauvreté dans la zone urbaine a presque doublé. Elle est passée de 10,4% en 1994 à 19,9 % cette année. Le gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires pour répondre aux besoins sociaux des plus démunis qui sont nombreux à émigrer en ville à un rythme croissant. Les statistiques officielles font état de 350’000 nouveaux arrivants depuis 5 ans dans les villes en provenance des zones rurales. Officieusement, ces migrants sont estimés à 500’000.

Face à cette situation, Bondoudaba Dabiré, responsable au Bureau de Coordination des Programmes Economiques et du Développement Social, a déclaré à Irin que le gouvernement devrait revoir sa stratégie de réduction de la pauvreté. Avec la politique actuelle, les objectifs de réduction de la pauvreté, d’un tiers, au Burkina Faso d’ici 2015, pourraient ne pas être atteints, a-t-il souligné. (apic/ibc/bb)

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