102e voyage international de Jean Paul II en Slovaquie
Message pour l’Europe et contre l’avortement
Bratislava, 11 septembre 2003 (Apic) Après deux heures de vol dans un avion d’Alitalia, Jean Paul II est apparu extrêmement fatigué, dans la matinée du 11 septembre 2003, à son arrivée à l’aéroport international de Bratislava, sur les bords du Danube et aux pieds des Carpates. Commençant son 102e voyage apostolique en Slovaquie, où l’attend un programme limité mais lourd en déplacements, le pape a fait allusion à l’entrée de la Slovaquie dans l’Union européenne et dénoncé le projet de loi sur l’avortement, actuellement en discussion dans le pays.
Arrivé sous un beau soleil, le pape a, dès le début, montré des signes évidents de fatigue. Une vingtaine de minutes ont notamment été nécessaires pour que le pape puisse être installé, à l’aide de quatre personnes, sur l’ascenseur lui permettant de descendre de l’avion. Une fois sur le tarmac, où il a été accueilli par le président chrétien-démocrate Rudolf Schuster, Jean Paul II s’est rendu devant le hall d’accueil de l’aéroport, assis sur un fauteuil monté lui-même sur une plate-forme mobile.
Au moment de l’échange des discours, le pape a en outre dû s’arrêter après le premier paragraphe, essoufflé et ne pouvant plus articuler suffisamment. Comme lors de ses voyages en Arménie en septembre 2001 et en Bulgarie mai 2002 -, son secrétaire particulier, Mgr Stanislaw Dziwisz, lui a retiré le texte pour le donner à un jeune prélat slovaque du Vatican. Jean Paul II a repris son discours pour lire le dernier paragraphe avec, cependant, toujours autant de difficultés.
« Malgré le fait que le pape voulait continuer à lire, il me semble logique que si l’on peut soulager de quelque manière que ce soit son effort pendant le voyage, on le fasse », a simplement déclaré Joaquin Navarro-Valls, porte- parole du Saint-Siège, aux journalistes à l’issue de la cérémonie.
Intégration européenne
Dans son discours préparé à l’avance, Jean Paul II a particulièrement insisté sur l’intégration de la Slovaquie au sein de l’Union européenne, prévue pour mai 2004. « Portez la contribution de votre riche tradition chrétienne à la construction de l’identité de la nouvelle Europe », affirmait le pape dans son message. « Que l’on ne se contente pas uniquement de rechercher les avantages économiques, ajoutait le texte. Une grande richesse, en effet, peut créer aussi une grande pauvreté ».
Le 28 octobre 2002, alors que le président slovaque était au Vatican pour inviter officiellement Jean Paul II à se rendre en Europe centrale, le pape avait particulièrement souligné « la robuste identité chrétienne » de ce pays évangélisé par les saints Cyrille et Méthode au IXe siècle. Pour Jean Paul II, l’intégration de pays chrétiens au sein de l’Union européenne peut contribuer au « bien-être » et à la « stabilité » du continent tout entier, en particulier à l’heure où des pays comme la Slovaquie sont affrontés aux problèmes liés à l’héritage de l’idéologie marxiste.
« Respect de la vie humaine dans toutes ses expressions »
Parmi ces héritages, Jean-Paul II a particulièrement cité celui de l’avortement, déjà légalisé en Slovaquie et qu’un projet de loi voudrait élargir à 24 semaines pour les femmes attendant un enfant mal formé. Mais pour le pape, c’est seulement avec une société qui « respecte la vie humaine dans toutes ses expressions, qui promeuve la famille, qui recherche le bien commun et qui est attentive aux exigences des plus pauvres, que l’on aura la garantie d’un avenir fondé sur de solides bases ».
Une centaine d’officiels triés sur le volet dont une majorité d’évêques et d’hommes politiques slovaques a applaudi sobrement le pape Outre ces invités d’honneurs, seuls quelque cent journalistes avaient été autorisés à suivre la cérémonie d’accueil sur le tarmac de l’aéroport. Pour des raisons de sécurité des tireurs d’élite avaient été placés sur les toits, suite aux menaces d’attentat lancées l’avant-veille -, les fidèles attendaient à l’extérieur, pouvant saluer le pape au moment de son départ.
« J’aimerais pouvoir rencontrer et parler avec tous et chacun d’entre vous », a lancé Jean Paul II devant les télévisions nationales du pays qui transmettaient en direct. « J’aimerais visiter chaque famille, parcourir votre beau territoire et venir dans toutes les communautés ecclésiales de cette chère nation ! Dieu bénisse la Slovaquie et donne à tous la paix, la prospérité et l’entente sereine ». Le pape doit se rendre au centre et à l’est du pays les jours suivants.
« Aucune menace crédible »
Interrogé par l’Apic, le jour de l’arrivée de Jean Paul II en Slovaquie, un agent de la sécurité réquisitionné pour la visite pontificale a minimisé les risques d’attentats durant le voyage. « Nous avons eu le même genre de menaces lors de la dernière visite du pape en 1995 », a-t-il déclaré, rappelant que celles-ci avaient été lancées par un dérangé mental. « Nous enquêtons pour ne pas prendre de risques, a-t-il ajouté, mais nous sommes quasiment sûrs que ces menaces ne sont pas crédibles ». (apic/imedia/sh)
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