Retrouver l’héritage chrétien de la Slovaquie

Slovaquie: Le pape célèbre la messe devant plus de 50’000 fidèles

Bratislava, 12 septembre 2003 (Apic) Jean Paul II a consacré son homélie du 12 septembre, au cours de la messe célébrée à Banska Bystrica, à l’urgence pour les Slovaques de «s’éduquer à la liberté». Alors que cette jeune nation fête cette année le dixième anniversaire de son indépendance, le pape a demandé aux fidèles d’abandonner le récent héritage marxiste pour retrouver son héritage chrétien.

Le souverain pontife est arrivé, à l’occasion de son voyage en Slovaquie, sous une fine pluie sur le vieil aéroport soviétique de Banska Bystrica, où seules quelques dizaines de personnes avaient été autorisées à venir l’accueillir. Des tireurs d’élite ont été installés sur les toits de l’unique édifice, insalubre, alors que des centaines de policiers réquisitionnés pour la visite pontificale avaient été postés tous les vingt mètres, de part et d’autre de la route qu’il a empruntée quelques instants plus tard.

Arrivée aux abords de la petite ville située dans la vallée du fleuve Hron et aux pieds des Monts Tatras si chers à Jean Paul II, la foule s’est massée le long du trajet menant le pape sur la «Place de la Renaissance Nationale», dans le centre ville. Les grandes maisons aux couleurs vives entourant la place rappelaient la période de la renaissance slovaque, au XVIIIe siècle, détonant avec les immeubles croulants et aux couleurs délavées de la banlieue, rappelant quant à eux la période plus récente du communisme.

Devant plus de 50’000 Slovaques ­ et de nombreux voisins Polonais et Autrichiens ­ agitant des petits drapeaux jaune et blanc du Vatican, Jean Paul II les a encouragés dans la reconstruction morale du pays. Banska Bystrica, qui devint le centre de la résistance durant la Seconde guerre mondiale, «nous rappelle la tentative de profanation du précieux héritage chrétien, perpétré par un régime obscur il n’y a pas si longtemps que ça».

Une Vierge qui ne se laisse pas déboulonner par le communisme

«De tout cela, la colonne de la Vierge Marie a été le témoin silencieux», a ajouté le souverain pontife avant de laisser le cardinal Jozef Tomko lire le reste de son discours. Sous ses yeux, au milieu de la place, se trouvait une statue de la Vierge, en haut d’une colonne d’une dizaine de mètres de hauteur. C’est cette même statue qui, en 1964, avait été abattue par les communistes à l’occasion de la visite de Nikita Krouchtchev, le leader soviétique de l’époque. Ce n’est qu’après la chute du régime, au début des années 90, que la statue a été retrouvée et a pu être remise à sa place.

Jean Paul II a voulu laisser aux habitants de Banska Bystrica l’exemple de cette Vierge pour leur demander de «s’éduquer avec urgence à la liberté» récemment acquise. Conscient des difficultés auxquelles doivent faire face les Slovaques, et en particulier de la perte d’intérêt de la foi chez les jeunes, le pape a demandé aux responsables religieux et politiques d’aider la nation à faire «mûrir» cette liberté. «Aujourd’hui, les chrétiens baptisés sont nombreux à ne pas avoir approprié leur foi de manière adulte», a-t-il expliqué. «Ils se disent chrétiens, mais ne réagissent pas avec responsabilité à la grâce reçue». Le président slovaque, Rudolf Schuster, était assis au premier rang avec sa femme.

Jean Paul II a célébré toute la messe d’une voix faible mais plus audible que la veille. A l’issue de la cérémonie, il se rendra au séminaire du diocèse, afin de déjeuner avec les 17 évêques et les deux cardinaux slovaques. Dans l’après-midi, avant de rencontrer les responsables des différentes religions présentes sur le territoire, il aura deux bonnes heures pour se reposer. En fin d’après-midi, il rentrera à Bratislava où il réside pendant sa visite en Slovaquie. (apic/imedia/bb)

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