Une ville fortement marquée par le chômage et la pauvreté

Slovaquie: Le passage du pape à Banska Bystrica n’est pas passé inaperçu

Banska Bystrica, 14 septembre 2003 (Apic) Deux heures après que Jean Paul II ait quitté la «Place de la Renaissance Nationale», en début d’après-midi à Banska Bystrica, les badauds sont encore nombreux à pique-niquer à même le sol, à chanter, à danser, ou encore à se faire prendre en photo devant le podium où la messe venait d’être célébrée par le chef de l’Eglise catholique. Le passage du pape n’est pas passé inaperçu dans cette ville fortement marquée par le chômage et la pauvreté.

Sous la statue de la Vierge Marie qui avait été retirée sous le régime communiste puis remise il y a quelques années en bonne place, un groupe de catholiques slovaques membre du Chemin Néocathécuménal danse sur un air traditionnel. Des curieux s’agglutinent autour d’eux, certains osant s’incruster dans cette ronde joyeuse et entraînante. Au milieu, une photo du pape trône aux côtés d’une icône de la Vierge.

De l’autre côté de la place, un groupe de jeunes mange aux pieds d’un obélisque faisant mémoire de l’armée rouge, décorée du marteau et de la faucille. Venus à pied avec sacs à dos et duvets, ils ont marché toute la nuit depuis le sud du pays pour être présents à la messe du souverain pontife. «C’est sûrement la dernière fois que nous le voyons», affirment- ils heureux de leur journée, reconnaissant que la fatigue du voyage en valait la peine.

Un groupe de personnes d’une quarantaine d’années a préféré venir à vélo, vêtues d’une veste qui rappelait leur pèlerinage Bratislava-Rome effectué en l’an 2000 sur des vieux vélos rafistolés. Après une petite pause, ils devaient repartir rapidement pour éviter la pluie persistante de l’après-midi.

De jeunes moines dominicains dans leur habit noir et blanc, parlent vivement, un peu plus loin. Ces Polonais sont venus de Varsovie pour voir «leur» pape. «Nous avons été vraiment touchés de le voir si fatigué et si faible», affirme l’un d’entre eux encore visiblement ému. «On a l’impression qu’il est poussé par une force invisible sans laquelle il ne semblerait pas pouvoir tenir». Mais ces jeunes sont aussi marqués par le discours que Jean Paul II vient de prononcer en dénonçant la tentative du régime communiste «de profaner le précieux héritage chrétien».

Tomas et Peter Makovnik, respectivement 20 et 24 ans, se promènent sur la place avec leur père, trahissant une certaine fatigue. «Nous sommes là depuis 7h ce matin pour essayer d’être le plus proche du pape», reconnaissent-ils. Tous les deux étudiants en économie, leur rêve a toujours été de trouver un jour du travail aux Etats-Unis. Mais leur destin a changé depuis ce matin. «D’entendre le pape nous encourager à prendre nos responsabilités pour reconstruire notre pays, ça nous fait réfléchir», confie Tomas. Le message est passé.

De forts espoirs dans l’intégration à l’Union européenne

Mais il est vrai que les conditions sociales et économiques n’incitent pas ces jeunes à rester en Slovaquie. 17% de chômage, des dettes extérieures importantes, . «L’intégration de notre pays au sein de l’Union européenne, prévue pour mai prochain, comporte un enjeu terriblement important», explique Peter. «Il faut beaucoup d’espoir pour tenter sa chance dans notre pays», ajoute-t-il amèrement mais visiblement motivé pour se lancer. Mais avant tout, conclut-il comme pour se donner du courage, «il nous faut apprendre et mûrir».

Un groupe d’enfants passe en courant et en criant. Les gens continuent de se promener nombreux sur cette place que vient de fouler Jean Paul II, malgré la pluie qui tombe plus fort. Ce soir, les médias slovaques présenteront cette seconde étape du voyage pontifical en Slovaquie comme une réussite, mettant en avant l’amélioration de la santé du pape. Quant à ce dernier, il était déjà rentré sur Bratislava, où il devait prendre quelques heures de repos avant d’entamer son avant-dernière journée de visite, à l’extrême ouest du pays, à Roznava. (apic/imedia/bb)

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