« La jeunesse libanaise s’en va, et la jeunesse, c’est l’avenir »
Beyrouth, 23 septembre 2003 (Apic) Le cardinal Nasrallah Sfeir, chef de l’Eglise maronite, entreprend dès le 25 septembre une visite pastorale de plus d’un mois qui le conduira en France, en Belgique, en Italie, en Suisse, en Suède, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Le patriarche entend maintenir le contact avec les quelque 150’000 maronites émigrés en Europe. Et éventuellement les faire revenir au Liban.
En France, la visite du patriarche Sfeir revêtira un double aspect, celle d’une visite pastorale et d’une visite d’Etat, souligne le quotidien libanais « L’Orient-Le Jour ». Vendredi, le patriarche maronite sera reçu par le président Jacques Chirac. A Rome, il participera aux cérémonies marquant le jubilé d’argent du pontificat de Jean Paul II. En Allemagne, il aura un entretien avec le chancelier Gerhard Schröder.
A la veille de son départ, le patriarche maronite a répondu aux questions de L’Orient-Le Jour. Le chef de l’Eglise maronite affirme que sa visite pastorale sera l’occasion d’établir le contact avec les maronites installés en Europe et de les inviter à maintenir leurs liens avec le Liban et leur Eglise.
« Pour les maronites installés en Europe, il y a moins de difficulté à se rattacher au Liban, car ils en sont proches, géographiquement, alors qu’il y a peu d’espoir que des jeunes qui s’en vont en Australie ou au Canada reviennent. L’Europe n’est pas si loin, on peut espérer les voir revenir », précise le patriarche Sfeir. Selon lui, il y a environ 150’000 maronites en Europe, dont la moitié au moins est installée en France.
Le Liban risque de disparaître
« La jeunesse libanaise quitte le Liban faute de travail, mais aussi parce qu’elle supporte mal le climat politique », souligne le patriarche Sfeir, qui lance une mise en garde contre « le risque de disparition du Liban », causé en premier lieu par « l’hégémonie syrienne ».
« Disparition, entendons-nous », précise encore l’homme d’Eglise dans le quotidien libanais. « Le roc et la terre resteront. Mais la jeunesse libanaise s’en va, et la jeunesse, c’est l’avenir. Quand l’avenir nous fuit, oui, la peur se justifie. » Et le cardinal Sfeir de lancer un appel pour l’indépendance totale de son pays, encore contrôlé par la Syrie.
L’idée de la création d’une entité chrétienne au Liban n’entre pas dans les vues du patriarche maronite. « Nous avons vécu avec les musulmans dès l’aube de l’islam. Il y a eu des jours difficiles, tragiques mêmes, et il y a eu des jours fastes. Jusqu’ici tous ceux qui ont cherché à créer une entité chrétienne ont échoué. Le territoire libanais est tellement exigu qu’on ne peut pas créer deux Etats », affirme le cardinal Sfeir. (apic/orj/bb)
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