Un «frein» à la violence?
New Delhi, 23 septembre 2003 (Apic) Les Eglises chrétiennes en Inde ont réagi peu après la condamnation à mort, le 22 septembre, d’un extrémiste hindou et celle de 12 autres à la prison à vie par un tribunal indien pour le meurtre du missionnaire australien Graham Staines et de ses deux fils en 1999. Pour les Eglises indiennes, la condamnation à mort du meurtrier du missionnaire adresse «un message important aux extrémistes qui prônent la violence».
Graham Staines, un missionnaire baptiste de 58 ans, dirigeait une léproserie à Baripada dans l’Etat de l’Orissa depuis 24 ans lorsque lui- même et ses fils Philip, âgé de 10 ans, et Timothy, âgé de 8 ans, ont été brûlés vif par un groupe conduit par Dara Singh – le condamné à mort. Ce dernier reprochait au missionnaire de convertir les populations tribales des régions isolées.
En annonçant la sentence le 22 septembre, le président du tribunal, Mahendra Nath Pattnaik, a précisé qu’elle devait encore être approuvée par la Haute Cour de l’Orissa.
Dara Singh, qui s’opposait violemment aux conversions d’hindous, a été condamné à mort par pendaison pour avoir entraîné la foule ayant incendié la voiture dans laquelle Graham Staines et ses enfants dormaient.
Une des conséquences de ce jugement sera certainement de «freiner l’expansion du fanatisme religieux, car Dara Singh est en fait une création de la campagne de haine lancée dans ce pays par des forces fondamentalistes», a déclaré Ipe Joseph, secrétaire général du Conseil, qui regroupe 29 Eglises orthodoxes et protestantes.
Craintes
La veuve du missionnaire a, quant à elle, déclaré «avoir pardonné aux assassins et n’éprouver aucune amertume car le pardon entraîne la réconciliation, et notre terre doit sortir de la haine et de la violence». Elle dit ne pas avoir commentaire à faire concernant l’application de la loi et le châtiment.
Richard Howell, un proche collaborateur du missionnaire et secrétaire général de la Communauté évangélique de l’Inde, a pour sa part déclaré respecter la loi de ce pays. «Mais nous ne sommes pas en faveur de la condamnation à mort». Par ailleurs, a-t-il noté dans un entretien accordé à l’Agence ENI, après cette condamnation à mort, les groupes hindous «pourraient même faire passer Dara Singh pour un martyr». (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse