Jura: La restructuration du diocèse de Bâle touche aussi le Jura pastoral
Delémont, 26 septembre 2003 (Apic) Le diocèse de Bâle se restructure. Le projet de Mgr Kurt Koch, commencé en 2001, devrait entrer dans sa phase de réalisation concrète à l’été 2004. Une étape-clé pour le Jura pastoral, d’autant que le projet est loin de faire l’unanimité. Et que des questions se posent sur l’avenir du Centre pastoral de Delémont et le maintien d’un délégué épiscopal du Jura pastoral.
Aujourd’hui, le méga-diocèse de Bâle compte un million de catholiques répartis dans 10 régions: Argovie, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Berne (langue allemande), Jura/Berne (langue française), Lucerne, Schaffhouse, Soleure – siège de l’évêché -, Thurgovie et Zoug. Dès l’an prochain, ces dix cantons subiront un regroupement en trois régions: Argovie /Bâle-Campagne/Bâle- Ville, Lucerne/Schaffhouse/Thurgovie/Zoug et Berne/Jura/Soleure. Cette dernière «association» n’étant pas appréciées ni du côté de Delémont ni du côté de Berne.
Le projet est loin de faire l’unanimité. Dès son annonce par l’évêque actuel, Mgr Kurt Koch, ce regroupement a provoqué de sérieux remous dans le Jura pastoral et à Berne. Les deux entités sont appelées à cohabiter – avec Soleure – dans la même structure. Ce que ni les uns ni les autres ne veulent. «On ne s’est pas séparés politiquement pour se réunir maintenant, même d’un point de vue ecclésial. La pastorale passe par la culture, et nous avons une culture différente. De plus, nous avons une pastorale bien structurée», commente l’abbé Salvadé, prêtre à Delémont.
Deux échecs successifs
Les deux évêques prédécesseurs de Mgr Koch avaient échoué dans semblable entreprise, même si beaucoup s’accordent à dire qu’un changement, un allégement et une simplification des structures sont nécessaires. Les dix cantons du diocèse de Bâle ont donc été regroupés en trois régions. Rompre cette fédération des cantons, aux yeux des responsables diocésains, permettra une gestion plus pastorale: «Le manque de cohésion est évident actuellement, entre les réunions mensuelles des dix doyens régionaux et les réunions hebdomadaires du Conseil épiscopal».
Cette analyse a également été agréée en 2002, lorsque Mgr Koch a apporté une information privilégiée dans le Jura pastoral et renoncé à sa première proposition de région constituée par les cantons de Berne et du Jura. Mais le Jura pastoral était persuadé que cette partie francophone garderait son actuel statut d’autonomie tout en faisant partie de la grande région Berne-Jura-Soleure. Il lui a fallu déchanter le 10 septembre, avec l’introduction de la procédure de consultation en vue de la nomination de la direction régionale.
Un choix entre deux formules
La procédure de consultation est déjà bien lancée dans les deux autres régions. Sur la base de cette consultation auprès des agents pastoraux, l’évêque nommera par région un vicaire épiscopal et un adjoint laïc. A cause de la particularité francophone dans la troisième région, une réflexion supplémentaire a été menée le 10 septembre à Delémont. Le vicaire général, le Père Roland Trauffer, a présenté le système préconisé par l’évêché au Conseil du vicariat, aux représentants de la Collectivité ecclésiastique du canton du Jura et de l’Eglise catholique du canton de Berne. Cela en présence du chanoine Jacques Oeuvray, l’un des coordinateurs du projet de régionalisation.
Deux formules de direction sont proposées à la région Berne-Jura- Soleure. La variante A consiste en la nomination d’un vicaire épiscopal jurassien et d’un membre adjoint provenant de la partie alémanique. Dans la variante B, le vicaire épiscopal est alémanique, le membre adjoint laïc alémanique ou francophone et un prêtre du Jura pastoral deviendrait délégué épiscopal.
Consultation
Le nouveau Conseil épiscopal serait ainsi constitué par ces directions réunies, soit six ou sept membres autour de l’évêque diocésain et de ses deux auxiliaires, suivant la variante qui sera choisie. Le Conseil des doyens régionaux pour sa part est appelé à disparaître. Mgr Denis Theurillat, évêque auxiliaire, et l’abbé Pierre Rebetez, vicaire épiscopal, ont présenté la procédure mercredi 24 septembre aux agents pastoraux du Jura pastoral qui étaient réunis en session annuelle de formation à Bex. Ces derniers auront à répondre à la consultation d’ici le 10 octobre et n’ont pas manqué de dire déjà leur déception. En premier lieu le vicaire épiscopal en charge du Jura pastoral: l’abbé Pierre Rebetez exprime clairement qu’il n’est pas candidat au vicariat épiscopal pour la région Berne-Jura-Soleure, en avançant au moins une raison majeure: il ne maîtrise pas assez la langue allemande. Reste donc qu’en donnant la préférence à la variante B, il pourrait être nommé délégué épiscopal.
Mgr Denis Theurillat qualifie pour sa part sa situation de délicate tout en relevant son devoir de collégialité à l’évêché. Il réitère le propos de Mgr Koch, à savoir que le Jura pastoral ne sera pas touché dans ses structures: «Il n’est pas pensable que le Centre pastoral de Delémont déménage ou disparaisse». (apic/sic/pr)
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