Tchéquie: Le pays le moins religieux d’Europe?
Prague, 28 septembre 2003 (Apic) Certaines Eglises tchèques ont «fait des erreurs» de comportement envers la société après la fin du régime communiste. Tel est le constat du secrétariat général du Conseil oecuménique tchèque, après la publication de données montrant que le pays est l’un des moins religieux d’Europe. La secrétaire de ce Conseil met en outre la faute sur l’Eglise catholique, coupable à ses yeux de certaines revendications.
«Nous savons que le nombre de croyants diminue. Ces derniers chiffres ne constituent pas une surprise», a estimé Jitka Krausova, secrétaire générale du Conseil. «Ce qu’il importe de savoir maintenant, c’est quelle sera la réaction des Eglises», comment-t-elle à l’Agence oecuménique ENI.
Membre de l’Eglise évangélique des frères tchèques, Jitka Krausova réagissait à la publication d’une étude du Département des statistiques tchèques, révélant que le nombre des croyants déclarés était passé ces 10 dernières années de 44 à 32 % de la population, en dépit des espoirs des responsables d’Eglise en un renouveau religieux après la «Révolution de velours» de 1989, qui a mis fin à l’ancien régime communiste.
Selon Jitka Krausova, les chiffres seront examinés en novembre par le Conseil oecuménique, dont les 11 membres comprennent les Eglises orthodoxe, méthodiste unie et baptiste. Elle a précisé, toutefois, que ce déclin s’était étendu sur une longue période et elle a nié que les dernières données indiquent «un changement d’attitude» parmi les citoyens tchèques.
«La République tchèque est un pays athée et depuis la Réforme, la religion n’a pas une grande place. Mais il est vrai qu’aujourd’hui les chiffres parlent plus fort. Ceux qui attendent des Eglises qu’elles incarnent l’autorité morale ne voient pas cela se produire. Ils veulent savoir ce qu’elles pensent, mais les Eglises ne s’expriment pas assez fortement».
La faute aux catholiques
Un total de 59% des 10,5 millions d’habitants se déclarent «sans religion» dans le sondage, par comparaison à 39 % en 1991. Un habitant sur 10 a refusé de se prononcer. Le sondage a comparé les chiffres des recensements de 1991 et de 2001.
Toujours selon les chiffres du sondage, environ 3,3 millions de Tchèques se disent catholiques. Soit un million de moins qu’indiqué par le Vatican (4,3 millions). Pour Jitka Krausova, ceci indique un manque de «conviction culturelle» parmi les membres baptisés de l’Eglise.
Les chiffres de la République tchèque révèlent un vif contraste avec ceux du recensement de 2001 en Slovaquie voisine, qui montrent que le nombre des membres de l’Eglise a augmenté depuis 1991. En Slovaquie, 84% des citoyens affirment croire en Dieu, et une personne sur neuf se dit athée.
Selon Jitka Krausova, l’image publique de toutes les Eglises de la République tchèque a été ternie par les demandes de l’Eglise catholique – la plus grande d’entre elles – qui cherche à recouvrer ses biens qui avaient été confisqués sous le régime communiste. «Nombreux sont ceux qui pensent que c’est tout ce qui intéresse l’Eglise catholique – et ils pensent que c’est la même chose pour les autres Eglises», a-t-elle conclu. (apic/eni/pr)
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