Le Père Cottier se dit «ému» et «reconnaissant»
Rome, 29 septembre 2003 (Apic) Le Père Georges Cottier, nommé dimanche cardinal par le pape Jean Paul II, s’est dit «ému et reconnaissant» de cet l’honneur. «C’est un signe de confiance et d’amitié qui me touche beaucoup», a-t-il confié à Partricia Briel (»Le Temps»).
Cette nomination «m’imposera de plus grandes responsabilités», admet- il: «Je devrai vivre moins retiré, plus exposé aux yeux du public». Le nouveau cardinal ne regrette pas de ne pas pouvoir participer à un conclave en raison de son âge – 81 ans, la limite étant fixée à 80 ans -. Surtout, cette situation nouvelle l’amènera à quitter sa fonction de théologien du pape. «Mais pas tout de suite».
Pour l’instant, le Père Cottier, Genevois d’origine, qui sera officiellement créé cardinal au cour du Consistoire du 21 octobre annoncé dimanche par le pape, demeurera à Rome. avant peut-être de se décider à regagner un jour Genève.
Mgr Grab: «un bon choix»
Cité vendredi à Rome, comme «papable» possible au cardinalat, Mgr Amédée Grab, évêque de Coire, président de la Conférence des évêques suisses et du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe, se déclare pour sa part très heureux du choix du pape. Dans une déclaration faite à la Radio suisse romande, Mgr Grab dit ne pas être déçu du tout «car je n’avais pas d’ambition», estimant que pour «un petit pays, la Suisse compte déjà pas mal de cardinaux».
Surprise en France
Autres réactions aux nominations, celle de l’archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, âgé de 52 ans, dont la nomination ne constitue pas une surprise, au même titre que celle de Jean-Louis Tauran. «Cela m’a pris par surprise. D’une certaine manière, c’est prévu quand on arrive à Lyon, mais plutôt de un à quatre ans après l’arrivée», a-t-il dit. Mgr Barbarin, a pris ses fonctions d’archevêque de Lyon et «Primat des Gaules» en septembre 2002. Ce dernier s’est empressé de féliciter par téléphone l’archevêque de Marseille, Mgr Bernard Panafieu, également nommé. En revanche, Mgr Jean- Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence épiscopale française, n’a pas été retenu. Son nom figurait pourtant en bonne place parmi les «papables», vendredi à Rome.
Grogne en Australie
La décision du pape de nommer l’archevêque de Sydney est particulièrement critiquée en Australie. Mgr George Pell, est actuellement la cible de critiques des catholiques libéraux. Ceux-ci estiment que le choix du prélat conservateur va aliéner de larges secteurs de l’Eglise. Mgr Pell est controversé en raison de ses prises de position très orthodoxes sur des sujets comme l’homosexualité et la contraception. Pour l’évêque de Canberra, Mgr Pat Power, certains secteurs de l’Eglise allaient être déçus par le choix du pape. Un groupe de catholiques homosexuels, Rainbow Sash, a déjà averti que cette nomination «renforcerait la défiance vis à vis de Rome». «Pell est typiquement champion d’une mentalité doctrinaire et d’exclusion», a dit un porte-parole de l’organisation, Michael Kelly. «C’est un mauvais jour pour l’Eglise. C’est une nomination très regrettable», a-t-il déclaré. Mgr Pell, qui refuse de donner la communion aux membres de «Rainbow Sash», a rejeté les critiques, affirmant que sa nomination marquait une reconnaissance de la contribution des catholiques à la société australienne.
Murmures à Rome
Au-delà des critiques ou des satisfactions, des commentaires et des écrits, les spéculations vont bon train dans les milieux ecclésiastiques romains pour tenter d’identifier le cardinal gardé secret «in pectore» (dans son coeur) par Jean Paul II. D’aucuns murmurent qu’il s’agit du fidèle secrétaire personnel du pape, l’archevêque polonais Stanislaw Dziwisz, 63 ans. Ce dernier l’assiste et l’aide dans son travail depuis une quarantaine d’année. Le pape garderait son nom pour pouvoir continuer à compter sur son assistance, surtout en cette période où sa santé est plus précaire que jamais. D’autres avancent en revanche le nom de l’archevêque de Hong Kong, Mgr Joseph Zen Ze-Kiun, dont l’annonce de son accès au cardinalat pourrait contrarier Pékin. Cela à un moment où les rapports entre la Chine et Rome sont particulièrement difficiles.
Le pape avait créé deux cardinaux «in pectore» au consistoire de février 1998, un polonais, ami du pape, archevêque de Lviv des latins, le cardinal Marian Jaworski, et le cardinal Janis Pujats, archevêque de Riga, en Lettonie, dont le pape avait révélé les noms avant le consistoire de février 2001. (apic/pr)
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