Le cardinal F. George prêt à recevoir personnellement les victimes

Etats-Unis: Le diocèse de Chicago verse une rallonge de 8 millions de $ pour abus sexuels

Chicago/Washington, 3 octobre 2003 (Apic) L’archidiocèse de Chicago a annoncé jeudi 2 octobre qu’il allait verser 8 millions de dollars supplémentaires pour indemniser 15 personnes affirmant avoir été abusées sexuellement par des prêtres catholiques au cours des 50 dernières années. En juillet dernier, l’Eglise de Chicago avait déjà versé 4 millions de dollars pour quatre autres victimes.

La chancellerie de l’archidiocèse de Chicago, qui publie l’information sur son site internet, précise que ces accords à l’amiable concernent 15 victimes d’abus impliquant 11 prêtres diocésains. Ces derniers avaient soit déjà donné leur démission, soit avaient été retirés de leur ministère ou encore étaient décédés. Les plaintes concernent des abus commis sur des enfants mineurs avant 1992, époque où l’archidiocèse a émis des directives et des procédures permettant de créer un bureau de contrôle indépendant, le « Professional Responsibility Review Board ». Les fonds alloués aux victimes proviennent d’indemnités d’assurances et de la vente de propriétés de l’archidiocèse.

Excuses présentées aux victimes

Les dédommagements individuels vont de 200’000 à 1,7 million de dollars, précise le cabinet de l’avocat Jeffrey Anderson, qui a négocié l’accord avec l’archidiocèse de Chicago. L’archidiocèse a présenté ses excuses aux victimes, à leurs familles et à leurs communautés. Il a toutefois reconnu que rien ne pourra effacer les abus infligés aux victimes par les mauvaises conduites sexuelles de membres du clergé.

L’archidiocèse de Chicago va créer un site internet, opérationnel le 15 janvier prochain, sur lequel on pourra découvrir les noms des prêtres accusés formellement d’abus sexuels. Il s’agit pour l’archidiocèse d’aider les autres victimes à rejoindre les démarches en cours qui, dépassant la simple indemnisation financière, visent à aider les victimes sur la voie de la guérison et de la réconciliation. Le cardinal Francis Eugene George, archevêque de Chicago, s’est dit prêt à rencontrer personnellement tous les « survivants » concernés par l’accord conclu jeudi dernier. JB

Encadré

Frank Keating victime d’une campagne de calomnies de la part de certains milieux d’Eglise

Ex-président de la Commission de la Conférence épiscopale US

L’ex-gouverneur de l’Oklahoma, Frank Keating, ancien président de la Commission nationale contre les abus sexuels mise sur pied par la Conférence épiscopale américaine, dit avoir été victime d’une campagne de calomnies de la part de certains milieux d’Eglise. Des personnalités ecclésiastiques l’ont accusé à tort, dans un courriel, de ne pas aller la messe le dimanche et d’avoir une maîtresse, alors qu’il est marié depuis 31 ans.

Frank Keating a révélé que Mgr Wilton D. Gregory, évêque de Belleville et président de la Conférence des évêques des Etats-Unis, a présenté à deux reprises des excuses pour ce courriel, « ce qui montre bien que ces allégations calomnieuses ont largement circulé, tout au moins au plus haut niveau de la Conférence épiscopale ».

Ancien procureur, connu pour n’avoir pas sa langue dans la poche, F. Keating avait dénoncé la « conspiration du silence » de certains évêques dans ce dossier délicat. Des propos qui avaient suscité des remous au sein de l’Eglise, sur la défensive depuis 2001, date à laquelle a éclaté le scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé.

Frank Keating avait été nommé l’an dernier à la tête de la Commission nationale chargée d’enquêter dans les quelque 190 diocèses des Etats-Unis. La Commission a pour tâche de faire appliquer dans tout le pays les décisions épiscopales pour sanctionner les auteurs d’actes de pédophilie et pour mieux protéger les mineurs. Le président de la Commission a donné sa démission en juin dernier, après la controverse nationale suscitée par une de ses remarques reprises par le quotidien « The Los Angeles Times ». L’ex- gouverneur avait dit que certains évêques avaient des méthodes « à la Cosa Nostra » en essayant de couvrir du manteau du secret les cas d’abus sexuels commis par des prêtres sur des mineurs. Frank Keating s’est plus tard défendu en affirmant que ces termes étaient « appropriés, parce que c’était vrai ». (apic/archdiocese/cns/be)

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