Dakar: L’Eglise d’Afrique du Nord vit dans un risque permanent de frictions
Dakar, 3 octobre 2003 (Apic) L’Eglise catholique d’Afrique du Nord, qui regroupe la Libye, la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte et le Maroc, compte au total 10 diocèses. Elle est « très minoritaire » et souvent d’origine étrangère dans la plupart de ces pays massivement musulman, a déclaré à l’Apic Mgr Michel Gagnon, évêque de Laghouat dans la partie saharienne de l’Algérie.
Le prélat se trouve actuellement à Dakar en tant que délégué d’Afrique du Nord au Sceam (Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar) qui tient sa 13e assemblée plénière à Dakar du 1er au 12 octobre.
Dans beaucoup de pays d’Afrique du Nord, la présence chrétienne est surtout étrangère, tels que les membres et familles du corps diplomatique, travailleurs industriels qui sont en contact avec les populations du pays. « Dans l’ensemble, les relations sont bonnes », a souligné Mgr Gagnon, lui- même d’origine canadienne, rappelant la crise politique et sociale que traverse l’Algérie depuis plus de 10 ans, avec des « éléments religieux » qui, malheureusement, entretiennent un climat de méfiance.
Les catholiques n’ont pas que des amis, mais en ont beaucoup
Selon Mgr Gagnon, les catholiques d’Afrique du nord « n’ont pas que des amis, mais en ont beaucoup ». « La relation dans la vie quotidienne, faite de services donnés ou reçus, et la convivialité sont très bonnes ». L’Afrique du Nord est la région où les relations humaines sont « les plus cordiales et les plus ouvertes » du fait de sa proximité avec l’Europe. Cependant, a poursuivi le prélat, « il y a toujours des risques de frictions ou d’incompréhension, mais il y a des progrès à surmonter cette situation ». Ces frictions ont lieu à tous les niveaux. Tant du côté des populations que des pouvoirs publics. C’est quand même un élément positif qui montre un certain dynamisme de l’Eglise d’Afrique du Nord, car c’est « du choc des idées que jaillit la lumière », a fait remarquer l’évêque d’origine québécoise. En outre, a-t-il ajouté cette forme de confrontation aide à progresser dans le dialogue, à apprendre à s’écouter, à s’accepter les uns les autres, « avec nos différences ».
Mgr Michel Gagnon dirige depuis 11 ans le diocèse de Laghouat, en Algérie, qui compte 300’000 chrétiens sur une population de 3 millions d’habitants. Agé de 70 ans, Il est délégué de l’église d’Afrique du Nord auprès du Sceam (Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar). A ce titre, il a participé aux sessions de 1997 en Afrique du Sud et de 2000, à l’occasion du Jubilé, à Rome. (apic/ibc/bb)
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