Sénégal: Traite des noirs
Dakar, 6 octobre 2003 (Apic) Les évêques africains, marchant sur les pas du pape Jean Paul, ont demandé «pardon» à l’Afrique pour la responsabilité des africains dans la traite des noirs.
En marge des travaux de la 13e Assemblée plénière du Symposium des Conférence Episcopale d’Afrique et de Madagascar (Sceam), qui se tient à Dakar du 1er au 12 octobre 2003, les évêques ont effectué dimanche 5 octobre un pèlerinage à Gorée, île mémoire située à trois km aux larges de Dakar, qui fut pendant 3 siècles le point de départ de millions d’Africains pour les Amériques afin d’y être vendus comme esclaves.
Gorée a aussi joué un rôle important dans l’évangélisation de l’Afrique. Dès le 15e siècle, elle a accueilli les premiers prêtres catholiques. C’étaient des aumôniers des caravelles portugaises qui y faisaient escales. En outre, l’île a donné à l’Eglise sénégalaise, ses premiers prêtres.
Au cours d’une visite officielle au Sénégal, en 1992, le pape avait également demandé pardon, au nom de l’Eglise catholique, à l’Afrique pour la traite négrière. «Pendant toute une période de l’histoire du continent africain, des hommes, des femmes et des enfants noirs ont été emmenés sur ce sol étroit (de Gorée), arrachés à leur terre, séparés de leurs proches, pour y être vendus comme des marchandises», avait-il notamment déploré.
Célébration à Gorée
«La traite des noirs est un drame qui pèse sur nos peuples et continue de peser sur notre avenir et sur notre passé», a déclaré la veille, Mgr Théodore Adrien Sarr archevêque de Dakar et hôte de la Conférence. La célébration d’une journée du pardon à Gorée traduit un «engagement plus ferme» de l’Eglise dans la dénonciation de la traite des noirs, avait-il ajouté. Cette journée du pardon a commencé par une visite de la Maison des esclaves. Elle s’est poursuivie par un chemin de croix, puis par une messe publique sur l’esplanade de l’église de l’île.
Le pardon à l’Afrique a été présenté par trois évêques délégués par le Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar. Au nom de leurs pairs, ils ont déclaré ensemble: «Nous avouons ces fautes graves et nous nous mettons à genoux pour demander pardon (à l’Afrique et aux Africains)». Ils ont exprimé ensuite l’engagement de l’Eglise catholique d’Afrique, à mettre «dix fois plus d’ardeur pour redresser la mentalité mauvaise qui a résulté de cette histoire (de la traite des noirs) et qui l’a permise». A la fin de la cérémonie, le pape a accordé, par vidéo, une «indulgence plénière» à tous ceux qui y ont participé. (apic/ibc/pr)
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