Les Eglises doivent agir pour les Palestiniens comme elles l’ont fait pour l’Afrique du Sud
Jérusalem, 6 octobre 2003 (Apic) Les Eglises doivent agir pour les Palestiniens comme elles l’ont fait pour l’Afrique du Sud, estime l’évêque anglican de Jérusalem, Riah Abu El-Assal. Plusieurs responsables d’Eglise du Moyen-Orient lui emboîtent le pas, et relèvent que la voie la plus rapide pour rétablir la paix en Irak passe par la fin de l’occupation israélienne des territoires occupés.
La feuille de route pour la paix au Moyen-Orient, présentée en avril par les Etats-Unis, la Russie, les Nations Unies et l’Union européenne, n’a pas réussi à mettre un terme au conflit. Depuis que l’Intifada, le soulèvement populaire contre les Israéliens, a commencé, plus de 800 Israéliens et plus de 2’400 Palestiniens ont été tués. Et aucun règlement n’est en vue.
«C’est une feuille de route qui mène, soyons honnêtes, au désastre, parce qu’elle ne résout pas correctement les problèmes de la communauté palestinienne», a déploré pour sa part Nora Kort, représentante du Fonds orthodoxe d’aide internationale.
En dépit des avancées obtenues grâce à la feuille de route, entre autres «un cessez-le-feu» observé pendant plusieurs semaines avant le retour à la violence à la fin août, «sur le terrain, les gens ne constatent aucun changement», commente de son côté Ramzi Zananiri, directeur exécutif du Comité chrétien international, un service du Conseil des Eglises du Moyen-Orient. «La population palestinienne est toujours emprisonnée et continue de souffrir».
De l’avis d’un grand nombre, les Eglises dans le monde ne font pas assez pour rétablir la paix dans la région. «Nous avons eu assez de mots. Nous sommes lassés de ces déclarations. Nous devons faire quelque chose qui soit visible et non pas seulement entendu», s’est insurgé Riah Abu El- Assal, qui a réclamé le boycottage international des produits fabriqués par Israël dans les territoires occupés. Il a aussi demandé aux gouvernements de refuser les visas aux Israéliens vivants dans les implantations, illégales selon le droit international qui interdit à une puissance occupante d’établir des civils dans les territoires occupés.
Pire que l’apartheid
L’évêque Riah s’est en revanche félicité de l’action du programme oecuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI), une initiative lancée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE) – et du soutien de l’Action commune des Eglises (ACT), un réseau international d’organisations d’entraide liées aux Eglises, pour des projets qui ont permis de créer des emplois et de dispenser des soins de santé dans les territoires palestiniens.
«Ce n’est pas suffisant que les Eglises du monde entier prient pour nous, même si nous l’apprécions», a déclaré l’évêque anglican. «Les Eglises doivent défendre le droit des Palestiniens à l’autodétermination, à un Etat indépendant, de la même façon que cela a été fait pour l’Afrique du Sud durant le régime de l’apartheid. Ce qui arrive dans les territoires occupés est pire que l’apartheid en Afrique du Sud. Pourquoi devrait-on attendre que le peuple palestinien devienne noir pour l’aider comme cela a été fait pour la population de l’Afrique du Sud?». (apic/eni/pr)
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