Les manifestations du jubilé s’étendront jusqu’au printemps 2004

Suisse: Le séminaire St-Beat de Lucerne fête ses 125 ans

Lucerne, 8 octobre 2003 (Apic) Le séminaire St-Beat, à Lucerne, fondé en 1878 par l’évêque jurassien Eugène Lachat, fête cette année le 125e anniversaire de sa création. De nombreuses manifestations débuteront dès cet automne. Elles jalonneront les mois suivants et jusqu’en 2004. Le 20 octobre, le vernissage de deux expositions, l’une à l’intérieur et l’autre devant le bâtiment du séminaire, ouvrira ce jubilé. Une Journée portes ouvertes offrira le 25 octobre au public de visiter les lieux. Les autres manifestations suivront, s’échelonnant jusqu’au printemps 2004.

En 1878, Mgr Eugène Lachat, évêque de Bâle, fondait en effet le séminaire de Lucerne, non loin de l’actuel bâtiment situé à l’Adligenswilerstrasse. L’automne prochain, le séminaire fêtera donc son 125e anniversaire. Ce sera l’occasion de présenter son rôle actuel dans la formation des agentes et agents pastoraux du diocèse de Bâle, ainsi que ses perspectives pour l’avenir.

Les activités qui se dérouleront dans le cadre de ce jubilé ont pour but avant tout de permettre des rencontres et d’aborder par ce biais les questions et les attentes que le monde d’aujourd’hui pose à tout ministère pastoral, mais aussi les chances qu’il lui sont offertes.

Différentes manifestations sont prévues à partir du mois d’octobre et jusqu’au mois d’avril de l’an prochain, telles que journée portes ouvertes, expositions et visites du bâtiment pour des groupes. Une célébration spéciale de ce 125e anniversaire aura lieu le 28 mars 2004 en présence de Mgr Kurt Koch, évêque du diocèse de Bâle.

Pourquoi le séminaire de prêtres à Lucerne et non pas à Soleure?

Lucerne doit son séminaire de prêtres aux instances diocésaines radicales, et plus particulièrement à Augustin Keller (1805-1883), qui, en tant que fervent défenseur de l’Eglise nationale radicale, voulait soustraire le séminaire de Soleure à l’influence des évêques. Il aurait aimé le gérer comme un institut contrôlé par l’Etat.

Lorsque finalement, après de longues et âpres négociations entre l’évêque et les instances diocésaines, un séminaire vit le jour à Soleure en 1860, l’espérance de vie qu’on pouvait accorder à ce dernier était limitée. En 1870 déjà, Augustin Keller déclencha une polémique à propos d’un cours enseigné au séminaire des prêtres, sur quoi les instances diocésaines radicales retirèrent à ce dernier son autorisation légale. Le « Kulturkampf » pouvait se développer dans le diocèse de Bâle et sa partie francophone, le Jura, sous domination bernoise à l’époque.

L’évêque Eugène Lachat (1819-1886) tenta, pendant un certain temps, de couvrir les besoins en formation des prêtres en mettant sur pied un séminaire de prêtres privé au siège épiscopal, mais il dut toutefois renoncer à cette tentative à Soleure en 1876, lorsque le Conseil d’Etat soleurois édicta une loi qui soumettait toutes les institutions d’enseignement de son territoire au contrôle de l’Etat.

En 1873, Mgr Lachat fut expulsé du canton de Soleure par les instances diocésaines radicales. Il se rendit dans le canton de Lucerne, où siégeait un gouvernement conservateur depuis 1871. De là, il administra son diocèse. C’est à Lucerne aussi qu’il trouva des conseillers et des bienfaiteurs qui lui permirent de mettre sur pied, en 1878, un séminaire indépendant. Celui-ci fut intégré quelques années plus tard à l’institut de théologie, qui existait depuis plusieurs siècles déjà à Lucerne. C’est ainsi que naquit une symbiose, qui perdura jusque dans les années 60 du 20e siècle.

Quelques chiffres

L’évêque Lachat a fondé en 1883 la partie la plus ancienne du séminaire. Son successeur, l’évêque Leonhard Haas (1833-1906) fit construire une suite en direction du nord et l’évêque Jakob Stammler (1840- 1925) s’attacha à agrandir encore en direction du sud juste avant que n’éclate la première guerre mondiale. L’évêque Josephus Ambühl (1873-1936) transféra en 1928 le cours des ordinands dans le château (nouvellement acquis) de Steinbrugg à Soleure, afin de ménager de la place à Lucerne pour le prolongement de la durée des études de ses futurs théologiens. Quelque quarante années plus tard, le cours des ordinands – profondément modifié et prolongé – revint à Lucerne.

Après la période agitée de 1959-1965, l’idée de construire un nouveau séminaire prit naissance sous l’impulsion des évêques Franziskus von Streng (1884-1970) et Anton Hänggi (1917-1994). Cette idée se concrétisa; elle se doubla d’un nouveau concept, celui de ne plus former uniquement des prêtres, mais aussi des théologiens laïcs.

Question cruciale

La question cruciale à laquelle les formateurs se retrouvent encore et toujours confrontés est celle de la vocation. Qui est appelé au service religieux? Qui doit être préparé avec soin et sensibilité au service de la sanctification? Ou à l’inverse: Qui n’est pas destiné au service religieux et doit en être tenu à l’écart? Ce problème concret préoccupe chaque responsable. Le directeur d’un séminaire de prêtres doit faire preuve de flair et d’un sens des responsabilités très développé pour répondre à cette question au plus près de sa conscience.

Ces dernières années, un autre problème important a préoccupé tous les responsables: les rapports entre le séminaire et la faculté. Pendant de longues décennies, au cours desquelles le séminaire et la faculté ont vécu dans une étroite communauté de lieux, les compétences respectives des deux institutions semblaient bien distinctes.

Quand le poids des deux institutions changea et que la faculté prit de l’importance (surtout dans le cadre de la question de plus en plus épineuse de l’université au cours des années 60), ce problème se posa de manière plus aiguë. Est-ce qu’un futur prêtre peut uniquement faire ses études à la faculté? D’autres cercles, notamment les femmes, peuvent-ils entrer dans les arcanes de la théologie?

Vers la fin des années 60, quand la longue et – semblait-il – solide symbiose se désagrégea, les responsables durent faire face à la nouvelle situation et élaborer un nouveau concept de formation pour le séminaire. On peut comprendre qu’une telle évolution engendra un certain sentiment d’insécurité, voire des craintes. L’histoire de ces dernières années témoigne de manière éloquente de ce changement de mentalité et de cette nouvelle orientation.

Faire avec les tempêtes

Le séminaire a profondément ressenti les tempêtes que l’Eglise a traversées pendant ces dernières années, à l’instar d’un sismographe qui enregistre les moindres secousses. A l’occasion de la célébration de ce 125e anniversaire, les responsables de ce séminaire entendent se souvenir plus particulièrement des évêques, des régents et de leurs collaborateurs qui, au cours de ces cinq quarts de siècle, se sont chargés de la formation, et auxquels a été confiée la responsabilité de former des pères spirituels et des directeurs de conscience. Apic

Aloïs Steiner, auteur de « Pourquoi le séminaire de prêtres à Lucerne et non pas à Soleure? », publie une nouvelle histoire richement illustrée du séminaire: « 125 Jahre Seminar St. Beat». Editions Rex Lucerne, 2003. (Paraîtra en janvier 2004. Prix: Fr. 34.-, souscription jusqu’au 15 décembre 2003: Fr. 29.-) Apic

Encadré

Programme du jubilé

Lundi 20 octobre 2003 à 17h30: Ouverture du jubilé par le vernissage de deux expositions, l’une à l’intérieur et l’autre devant le bâtiment du séminaire, au n°15 de l’Adligenswilerstrasse, à Lucerne. La première s’intitule « Ainsi naquit le nouveau séminaire », une rétrospective de l’architecte Walter Rüssli de Lucerne. La seconde a pour nom « Le bonheur du silence ». Il s’agit d’une exposition de personnages de bois de Matthias Maeder d’Engelberg.

Samedi 25 octobre 2003 de 10h00 à 16h00: Journée portes ouvertes; dimanche 18 janvier 2004 à 17h00: le séminaire St-Béat abordera son histoire. Une manifestation sera organisée par le Cercle des amis du séminaire, à l’occasion de la parution de l’ouvrage d’Alois Steiner: « 125 Jahre Seminar St. Beat »

Les dimanches 7, 14 et 21 mars 2004 à 19h30 seront données des conférences de carême à l’église des jésuites sur le thème de la vocation. Dimanche 28 mars 2004 à 16h00, Mgr Kurt Koch présidera une cérémonie officielle à la Hofkirche suivie d’une rencontre

A noter que les paroisses ont été invitées à proposer, durant la période de la mi-octobre à la mi-mars 2004, une visite du séminaire à leurs différents groupements. (apic/as/pr)

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