Pour l’intervention d’une «force amie» au Proche-Orient
Rome, 9 octobre 2003 (Apic) Mgr Jean-Louis Tauran se dit satisfait de la nomination de son successeur, l’archevêque italien Giovanni Lajolo, comme secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats. Dans un entretien à Radio Vatican le 8 octobre 2003, le futur cardinal français loue l’action diplomatique de Jean Paul II et rappelle la position du Saint- Siège qui demande l’envoi d’une force amie au Proche-Orient pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
Visiblement ému et attristé de quitter ce poste de ’ministre des Affaires étrangères’ au Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, qui attend toujours sa nouvelle nomination, est «content» du choix de son successeur car Mgr Lajolo «a fait partie de notre bureau et connaît donc très bien la réalité. Je crois qu’il pourra être un grand secrétaire pour les relations avec les états» a-t-il confié sur les ondes de Radio Vatican.
Interrogé sur le bilan de ses 13 années de responsabilité dans la ’politique étrangère’ du Saint-Siège, le prélat français explique comment Jean Paul II en personne «est le premier agent diplomatique du Saint-Siège. C’est lui qui donne à cette diplomatie sa force et son prestige» a-t-il ajouté.
Par exemple sous son pontificat, 89 pays ont noué ou renoué des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, même si ces 25 années ont été «des années exceptionnelles» a souligné Mgr Tauran, se référant à la chute du Mur de Berlin, à la première guerre du Golfe, aux conflits africains, aux guerres dans l’ex-Yougoslavie, à l’opération militaire contre l’Irak cette année, au processus de paix au Proche-Orient, et à la transformation de l’Union européenne.
«Tous ces sujets ont été l’objet de ces réunions de travail que j’ai eues, semaines après semaines pendant ces 13 années, et j’ai pu constaté le souci que le pape avait de faire en sorte que les hommes puissent vivre ensemble grâce à des conviction communes, grâce au respect du droit international», a-t-il affirmé.
La «mère de toutes les crises»
Quant aux dossiers qu’il laisse à son successeur, Mgr Tauran n’hésite pas : le Proche-Orient. «D’abord la crise israélo-palestinienne, car cette crise est la mère de toute les crises» a-t-il commenté avant d’ajouter «et, évidemment, la situation en Irak». «Je crois que cette région du monde a besoin de retrouver le chemin de la raison et de la fraternité. La communauté internationale se doit d’aider les parties en cause dans cette tâche», a estimé le prélat.
«Face à cette incapacité palestinienne et israélienne de se regarder, de se parler, de vivre ensemble, a-t-il déploré, il serait nécessaire d’envoyer sur place une force amie qui serait capable de dire aux uns et aux autres : restez chez vous pendant un mois sans vous tirer dessus et ensuite on va vous remettre autour d’une table de négociations». Le ministre sortant des Affaires étrangères du Vatican croit fermement «que quelque chose doit être tenté, car sinon on va à la catastrophe».
Interrogé enfin sur le dossier irakien, «il reste ouvert évidemment» a répondu Mgr Tauran. «L’Irak est un pays membre des Nations Unies, donc un pays souverain qui a droit à la même dignité, la même souveraineté, la même liberté que les autres membres des Nations Unies. Par conséquent il faut faire tout pour que le peuple irakien soit mis en conditions de choisir ses dirigeants, de choisir son système politique de manière à ce que chacun se sente partie prenante d’un projet de société».
Décisions prises «devant le tabernacle»
«Je pense que durant ces années, le pape est devenu la référence morale, si j’en juge par le défilé des personnalités qui viennent le visiter», a encore ajouté Mgr Tauran, faisant ainsi un bilan du pontificat de Jean Paul II. «Je crois que le secret de ce rayonnement, de cette grandeur de ce pontificat c’est finalement la foi du Saint-Père.
Rien ne serait plus faux que de s’imaginer un pape assis à son bureau élaborant à l’aide d’un atlas et de volumineux rapports une stratégie vaticane. Les grandes décisions de ce pontificat ont toujours été pensées et prises à genoux devant le tabernacle de la chapelle privée. J’en ai été témoin plusieurs fois. Là se trouve, pour moi, la clé qui permet de comprendre le rayonnement de ce pontificat hors du commun». (apic/imedia/sh)
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