Appel réitéré «à l’abstinence et à la fidélité»
Dakar, 9 octobre 2003 (Apic) Les cardinaux, archevêques et évêques d’Afrique ont exprimé leur «compassion et fraternelle solidarité» aux malades du sida dans le continent. Ils ont consacré les 6 et 7 octobre à une réflexion sur l’église et le sida, en marge des travaux de la 13e assemblée plénière du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) qui se tient à Dakar du 1er au 12 octobre.
Dans leur déclaration finale sur le sida, les prélats se sont félicités de la prise de conscience du «poids de la pandémie dans le développement de l’Eglise et de la société en Afrique». Ils ont déploré le déficit d’information qui «caractérise beaucoup de politiques de santé sur le continent». Ils ont aussi mis l’accent sur le facteur culturel qui favorise la propagation de l’incurable maladie, faisant remarquer «qu’il appartient à l’Eglise de dénoncer ces facteurs pour diminuer sa progression».
Les religieux africains ont particulièrement insisté sur les notions de prévention, d’éducation et d’accompagnement des malades. Ils ont prôné la fidélité et l’abstinence comme solution à la pandémie, relavant le préservatif ne résout pas tous les problèmes de contamination de la maladie.
«L’abstinence pour les célibataires, et la fidélité pour ceux qui sont mariés, sont les meilleurs moyens d’éviter d’être infecté par le VIH ou de contaminer les autres», ont souligné les évêques. Ils précisent que «l’abstinence et la fidélité, en obéissant à la morale catholique et à la morale africaine traditionnelle, constituent le meilleur moyen de vivre, la meilleure voie pour acheminer vers un bonheur durable et un épanouissement parfait».
Le préservatif à coeur du débat
Selon l’évêque de Tambacounda (est du Sénégal), Mgr Jean Noël Diouf, il a été beaucoup question du préservatif lors des débats et discussions de la rencontre. Il ressort de ces discussions que le préservatif à lui seul, n’est pas la solution totale face à la pandémie. Dans un entretien avec l’Apic, il a souligné que les évêques ont «critiqué l’usage du préservatif, car dans sa fabrication, il n’est pas garanti à 100%. En outre, sa conservation set difficile en Afrique, à cause de la chaleur. Son utilisation même pose problème aux populations». A ce sujet, a-t-il dit, «on nous a rapporté l’exemple de personnes pauvres qui relave le préservatif après l’avoir utilisé».
Pour le prélat sénégalais, les évêques d’Afrique ont estimé la solution à la pandémie du sida doit venir d’une «construction de la personnalité de l’homme, capable de faire face à toutes les difficultés». «La voie royale est l’éducation dès le bas âge, pour que les personnes arrivent à se prendre en charge en homme responsable qui saura trouver les voies et moyens pour lutter efficacement contre le sida», a-t-il ajouté.
La conférence des religieux africains sur le sida a aussi adopté un plan d’action de lutte contre la maladie en Afrique. Ce plan est contenu dans un document distribué à la conférence. Il exprime l’engagement de l’Eglise à former le clergé, les religieux, les laïcs qui accompagnent les personnes malades ou affectées par le virus du sida, dans la prière et le conseil spirituel. Il souligne notamment l’engagement des religieux à assurer, dans leurs églises, «une place à la table du Seigneur», aux victimes du sida et à donner les sacrements nécessaires et requis aux catholiques vivant avec le virus HIV. (apic/ibc/sh)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/afrique-le-sceam-assure-les-malades-du-sida-de-sa-compassion/