Suisse: L’Union Démocratique Fédérale pour un Etat palestinien.en Egypte ou en Irak
Yverdon, 9 octobre 2003 (Apic) L’Union Démocratique Fédérale (UDF), qui se présente aux élections fédérales d’octobre comme un «parti politique d’obédience chrétienne», se donne pour but de rééquilibrer la politique étrangère de la Confédération en faveur des «intérêts de l’Etat et du peuple juif». Pas question pour les Palestiniens de créer leur Etat en Cisjordanie et à Gaza, à savoir «sur la terre biblique d’Israël».
L’UDF n’hésite pas à accuser la Suisse officielle de partialité systématique en faveur des Palestiniens. En vertu des valeurs chrétiennes et bibliques, argue l’UDF, tout le territoire de l’Israël biblique doit revenir à l’Etat d’Israël, les Palestiniens n’ont qu’à créer leur Etat ailleurs. L’UDF le verrait bien en Egypte, en Jordanie, en Syrie ou en Irak, «où il y a assez d’espace», pour reprendre une citation du Bernois Christian Waber, seul député UDF siégeant actuellement au Parlement fédéral. L’UDF, «pour des raisons liées au rôle attribué dans la Bible à Israël», tient à se présenter comme le seul parti politique en Suisse qui ait officiellement pris le parti d’Israël et qui demande que l’ambassade suisse soit déplacée de Tel Aviv à Jérusalem.
Redécouper les frontières. des pays arabes
Maximilien Bernhard, secrétaire romand de l’UDF à Yverdon-les- Bains, interrogé jeudi par l’Apic, estime que l’on peut considérer cette déclaration comme la position officielle du parti. «Il faudra demander aux pays arabes voisins qu’ils mettent une partie de leur territoire à disposition pour la création d’un éventuel Etat palestinien. Le but est de demander le redécoupage de certaines frontières».
Au-delà du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU concernant le conflit israélo-palestinien, l’UDF voit en quelque sorte l’intervention divine dans ce qui se passe dans la région. «Juridiquement, bien sûr, l’Etat d’Israël doit respecter le droit international, mais derrière tout ce qui se passe sur terre, il y a Dieu. Et Dieu a un plan qui est en train de s’accomplir», relevait Christian Waber dans une interview au quotidien vaudois 24 heures publiée le 26 septembre 2002.
Dieu avant le droit international
Maximilien Bernhard soutient lui aussi cette position, basée sur la Bible. «Nous estimons que la politique du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) est trop nettement favorable aux Palestiniens, et nous souhaitons un rééquilibrage. Il faut aussi que la Confédération dénonce les actes terroristes palestiniens.»
Ce que fait d’ailleurs systématiquement le gouvernement suisse, précise-t-on au DFAE, qui fonde sa position sur le strict respect du droit humanitaire international inscrit dans les Conventions de Genève dont la Suisse est dépositaire. Le gouvernement condamne à partir de ces principes les violations commises tant par les Israéliens que par les Palestiniens. Berne soutient notamment les résolutions 1397,1402 et 1403 du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que la création d’un Etat viable de Palestine.
Une accusation démentie par le DFAE
A titre d’exemple de la «partialité helvétique», affirme le politicien vaudois, lors de l’opération «Rempart», en avril 2002, la Confédération a bel et bien utilisé le terme de «génocide» pour qualifier l’intervention militaire israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, dans les territoires palestiniens. Quand la commission d’enquête a rejeté le qualificatif de «génocide», la Confédération n’a pas jugé utile de rectifier, affirme Maximilien Bernhard, «preuve que la politique suisse est plus pro-palestinienne que pro-israélienne».
«C’est faux!», rétorque un porte-parole du DFAE. Interrogé jeudi par l’Apic, Alessandro Delprete a vérifié toutes les déclarations écrites et orales émanant du ministère suisse des Affaires étrangères à propos de cette polémique. Il confirme, preuves à l’appui: «le DFAE n’a jamais utilisé le terme de génocide pour qualifier les événements de Jénine». L’UDF, qui souhaite que l’éthique reprenne une place prépondérante dans les choix politiques et affirme que les «principes bibliques peuvent aussi s’appliquer en politique», est elle aussi appelée à méditer sur le 8e Commandement. (apic/be)
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