Rome: Près de 200’000 personnes sont attendues pour la béatification de Mère Térésa
Rome, 13 octobre (Apic) Près de 200’000 personnes participeront le 19 octobre 2003 sur la Place Saint-Pierre à Rome à la béatification de Mère Térésa. Des délégations du monde entier sont attendues, notamment de l’Inde et de l’Albanie, outre une présence très forte d’Italiens.
A l’heure actuelle, 175’000 billets ont été distribués par les soeurs missionnaires de la charité. Mais les participants pourront être plus nombreux et atteindre les 200’000 personnes, affirment les organisateurs en faisant allusion à la renommée internationale de la «sainte de Calcutta».
Sa béatification est déjà considérée comme une des plus «grandes» cérémonies de béatification ou de canonisation du pontificat de Jean Paul II, avec celles notamment de Padre Pio et de Mgr Escriva de Balaguer.
Parmi les inscrits, plus de 80% sont Italiens. Les autres proviennent principalement d’Europe et des Etats-Unis. De fortes délégations sont aussi attendues de l’Inde. C’est dans ce pays, dans les bidonvilles de Calcutta, que Mère Térésa a commencé son oeuvre qui est devenue en 1949 la Congrégation des soeurs missionnaires de la charité.
L’Albanie sera également représentée, la future bienheureuse étant originaire d’une famille albanaise. Toutefois, la Macédoine, où Mère Térésa est née, revendique l’honneur d’être son pays natal, suscitant ainsi quelques polémiques. Cela n’empêchera pas les deux pays d’organiser de nombreuses cérémonies commémoratives.
Fait étonnant, les organisateurs attendent en outre une dizaine de délégations gouvernementales du monde entier. La France, la Pologne, la Belgique, ou encore les Etats-Unis, seront ainsi représentés. Cette présence politique peut notamment s’expliquer par le fait que la cérémonie de béatification coïncidera, à deux jours près, avec le 25e anniversaire de l’élection de Jean Paul II sur le siège de Pierre.
Réelle signification
Les soeurs de Mère Térésa ont cependant voulu mettre l’accent avant tout sur la vocation initiale de leur congrégation, s’occuper des pauvres. Ainsi, les 3’000 premières places, à Saint-Pierre le 19 octobre, seront réservées à quelque 2’000 clochards romains, accompagnés des centaines de religieuses qui seront vêtues de leur célèbre sari blanc bordé de bleu. A l’issue de la cérémonie, ces pauvres ont été invités à un repas gratuit qui sera offert par les soeurs missionnaires de la charité dans la salle Paul VI du Vatican.
Les missionnaires de la charité sont actuellement 4’514 de 89 nationalités à travers le monde. Elles sont présentes dans 132 pays, avec 710 maisons d’accueil – dont 228 sont en Inde – où elles offrent chaque jour le gîte et la nourriture aux clochards. 369 religieux opèrent en outre dans 19 pays, accompagnés par 26 prêtres missionnaires.
Mère Térésa, prix Nobel de la paix en 1979, est aujourd’hui souvent considérée comme l’une des plus grandes personnalités du XXe siècle. Née en 1910, Agnes Gonxha Bojaxhiu a pris le nom de Térésa en référence à sainte Thérèse de Lisieux. En 1929, elle arrive à Calcutta, où elle prononcera ses voeux définitifs huit ans plus tard. C’est en 1946 qu’elle reçoit un appel du Christ à le servir dans les plus pauvres, ce qui la conduit dans les bidonvilles. Trois ans plus tard, elle fonde la Congrégation des missionnaires de la charité. Elle meurt à 87 ans le 5 septembre 1997 à Calcutta. PR
Encadré
Les grandes dates du procès de béatification de Mère Térésa
– 23 octobre 1997: Mgr Henry D’Souza, archevêque de Calcutta, demande à Rome une dispense spéciale pour commencer immédiatement l’enquête sur les «vertus héroïques» de la religieuse, alors que la règle prévoit que l’on attende normalement cinq ans après la mort d’une personne pour entreprendre toute démarche officielle.
– 12 décembre 1998: Jean Paul II accorde la dispense à Mgr D’Souza, l’enquête est lancée officiellement.
– 26 juillet 1999: Mgr D’Souza ouvre officiellement l’enquête diocésaine, au cours d’une cérémonie dans un quartier pauvre de Calcutta. Douze personnes commencent à travailler avec le postulateur, le Père Brian Kolodiejchuk.
– 15 août 2001: l’archevêque de Calcutta conclut officiellement le procès diocésain. La cause passe alors à Rome, où elle est étudiée par la Congrégation pour les causes des saints.
– 1er octobre 2002: le dicastère approuve en même temps les vertus héroïques de Mère Térésa, ainsi qu’un miracle dû à l’intercession de la candidate. La voie vers la béatification est ainsi ouverte. (apic/imedia/pr)
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