Genève: Le Père Longchamp peut à nouveau parler librement de l’Opus Dei
Genève, 15 octobre 2003 (Apic) Réduit au silence sur l’Opus Dei en 1981 pour avoir publié un article critique, le jésuite Albert Longchamp a vu sa sanction officiellement levée le 12 septembre dernier à Loyola en Espagne. Le Préposé général de la Compagnie de Jésus lui a déclaré qu’il le relevait unilatéralement de cet interdit.
« Je lui ai fait répéter cette formule en ajoutant que je la rendrais publique, ce qu’il a accepté », explique Albert Longchamp au quotidien « Le Temps », dans son édition du 15 octobre. Soulagé, le directeur de la revue « Choisir » et ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Echo Magazine » a rendu hommage à l’Association suisse des journalistes catholiques et aux personnalités qui sont intervenues en sa faveur.
« Sous un pontificat qui a prôné les droits de l’homme, cette condamnation au silence a été un contre-témoignage aux relents soviétiques. Mais maintenant que Josémaria Escriva de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei, a été canonisé, je ne représente plus une menace », a ajouté le Père Longchamp dans l’article signé de Patricia Briel.
Interdiction absolue, « même si les faits allégués sont vrais »
L’interdiction en question avait été prononcée suite à un dossier fouillé, signé de Pierre Emonet, paru dans la revue « Choisir » de février 1981. Le cardinal Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, avait alors abordé le Préposé général des jésuites, à l’époque le Père Pedro Arrupe. Ce dernier a enjoint en mai 1981 le Père Longchamp « au nom de l’autorité supérieure » de cesser à l’avenir toute publication ou débat public sur l’Opus Dei. Le numéro deux du Vatican avait invoqué la nécessité de « ne pas blesser la charité dans l’Eglise », en précisant que cette interdiction était absolue et qu’elle devait être respectée « même si les faits allégués sont vrais ».
Le Père Longchamp s’est tenu au silence durant vingt ans, jusqu’à ce 22 mars 2001, un jour où l’Echo Magazine publie une lettre de lecteur exprimant le souhait de mieux connaître l’Opus Dei, rappelle « Le Temps ». Le rédacteur en chef explique alors l’interdiction dont il fait l’objet, et qui n’a jamais été abolie par le Vatican, ni par le Préposé général des jésuites. Les médias s’en inquiètent, l’Apic enquête sur cette censure et découvre que la lettre du cardinal Casaroli n’a été retrouvée ni au Vatican, ni dans les archives des jésuites. Et aucune copie n’avait été remise à l’époque au Père Longchamp. « Par la suite, le Général des jésuites m’a donc dit qu’il ne pouvait abolir un document qu’il ne connaissait pas. Puis il a changé d’avis », ajoute le Père Longchamp. (apic/letemps/bb)
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