La Maison Blanche n’avalise pas les déclarations du général Boykin

Etats-Unis: Quand le traqueur de Ben Laden déclare la guerre aux musulmans

Washington, 20 octobre 2003 (Apic) Alors que Washington tente de gagner des appuis dans le monde musulman pour sa croisade contre le terrorisme, les déclarations anti-islamiques du général William Jerry Boykin, chargé de la traque de Ben Laden et de Saddam Hussein, suscitent la gêne à la Maison Blanche. Pas question cependant pour l’administration Bush de sanctionner les dérapages verbaux de ce héros des opérations clandestines américaines.

Condoleezza Rice, conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, a déclaré dimanche aux médias américains que la lutte contre le terrorisme n’est pas une guerre de religions et que personne ne peut décrire cette lutte en termes de guerre entre chrétiens et musulmans. Le prédicateur en uniforme a depuis fait amende honorable: il a déclaré ne rien avoir contre la religion musulmane et a présenté ses excuses au cas où ses déclarations auraient été offensantes.

Pour William Jerry Boykin, les terroristes ne sont pas d’authentiques musulmans. Mais les attaques contre le général fondamentaliste fusent de toutes parts, que ce soit du côté des associations musulmanes américaines, comme le «Council on American-Islamic Relations», de certains grands médias ou de parlementaires démocrates.

Chrétien évangélique militant, ancien commandant des opérations spéciales

Chrétien évangélique militant, ancien commandant des unités spéciales «Delta Force» qui ont opéré clandestinement en Iran, en Colombie, en Somalie et lors de l’invasion américaine de Grenade et de Panama, ce haut gradé couvert de médailles a été nommé en juin sous- secrétaire adjoint au Pentagone chargé notamment de l’élimination d’Oussama Ben Laden et de Saddam Hussein.

William Jerry Boykin a coutume d’affirmer dans ses conférences que le Dieu des musulmans est une idole et que seul le Dieu des chrétiens est le vrai Dieu. «Nos ennemis spirituels ne pourront être vaincus que si nous les affrontons au nom de Jésus», aime-t-il à dire aux audiences évangéliques. A ses yeux, ce ne sont pas les électeurs américains qui ont mis le président Georges W. Bush à la Maison Blanche, mais Dieu lui-même.

Prédicateur apparaissant fréquemment dans les églises évangéliques bardé de ses médailles, le général estime que l’ennemi réel des Etats-Unis n’est pas Oussama Ben Laden, mais Satan lui-même et si les terroristes veulent les détruire, «c’est parce que nous sommes une nation chrétienne, parce que nos racines et nos fondements sont judéo-chrétiens». Cette vision fondamentaliste est partagée en privé par un certain nombre de néo- conservateurs qui peuplent les divers étages de l’administration Bush. Elle représente cependant un réel problème face à la volonté de Washington de rallier le monde musulman à sa lutte contre le terrorisme international. (apic/bbc/nbc/lat/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/etats-unis-quand-le-traqueur-de-ben-laden-declare-la-guerre-aux-musulmans/