ONU: Le Saint-Siège interpelle les pays riches sur la dette extérieure du tiers monde

« Il est impératif de renverser la tendance »

Rome, 26 octobre 2003 (Apic) Le Saint-Siège a, une nouvelle fois, interpellé samedi les pays riches sur leurs responsabilités face à la dette extérieure du tiers monde. « La dette internationale est comme une maladie; tant qu’elle n’est pas complètement guérie, elle peut réapparaître », a lancé le représentant du Saint-Siège à l’ONU le 24 octobre 2003, alors que l’agenda du Comité des Nations unies à New York se penche sur le problème de la dette extérieure et du développement.

Soulignant que cette crise chronique affecte presque tous les pays en voie de développement, Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège à New York, rappelle que de 1’500 milliards de dollars en 1990, le montant total de la dette extérieure des pays en voie de développements est passé à 2’400 milliards de dollars en 2001.

« Cette crise récurrente de la dette extérieure cause, au fil des ans, un affaiblissement général des ressources financières, ce qui prive ces pays de ressources vitales, essentielles pour leur développement de base, allant même jusqu’à des niveaux minimums dans le domaine de la santé et de l’éducation », déclare le prélat. Il est impératif de renverser la tendance, ajoute-t-il.

Pour le Saint-Siège, la communauté internationale doit faire face à « deux défis », à savoir « le besoin de trouver une solution à tous les problèmes actuels de dette extérieure et la nécessité de créer un système financier durable approprié au développement de toutes les nations ».

Terrorisme et pauvreté sont liés

Des financements « adéquats et suffisants » sont nécessaires, affirme Mgr Migliore, mais aussi « une distribution équitable du poids financier au sein de la communauté internationale ». Enfin, l’observateur permanent du Saint-Siège rappelle l’engagement pris par la communauté internationale en l’an 2000 dans sa « Déclaration du millénaire » de « soutenir le développement économique et social de tous les pays ». « L’augmentation de la pauvreté, la menace des attaques terroristes liée, d’une certaine manière, à la pauvreté, ainsi que le nombre croissant des conflits dans le monde qui ont noirci les trois premières années du nouveau millénaire, conclut Mgr Migliore, démontrent la nécessité d’une action urgente en faveur d’un développement financier responsable, en vue de la paix et de la sécurité internationale, les deux raisons fondamentales pour lesquelles l’Organisation des Nations Unies a été créée il y a presque 60 ans ».

Déjà, le 16 octobre dernier, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à New York avait appelé les pays riches à trouver une « solution rapide et définitive » pour effacer la dette extérieure des pays africains. A l’occasion du Jubilé de l’An 2000, Jean Paul II avait demandé expressément une réduction de la dette des pays pauvres dans sa lettre apostolique « Tertio Millennio Adveniente », un appel suivi par différents pays mais qui n’a pas eu l’écho escompté. Par ailleurs le Conseil pontifical « Justice et Paix » a, à maintes reprises, demandé la réduction partielle ou totale de la dette extérieure de pays qui ont souffert de calamités naturelles, comme le cyclone Mitch en 1998 qui avait dévasté l’Amérique centrale. (apic/imedia/be)

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