France: Les évêques demandent d’ajourner la suppression du lundi de Pentecôte férié
Lourdes, 7 novembre 2003 (Apic) Les évêques français réunis à Lourdes ont demandé le 6 novembre au gouvernement d’ajourner la suppression du lundi de Pentecôte férié, prévue pour 2005. Déçus de ne pas avoir été consultés avant cette décision, ils demandent une concertation pour « porter remède » à ses conséquences.
Le lundi de Pentecôte n’est pas en soi une fête chrétienne. Tout comme le lundi de Pâques, il a été décrété férié par l’Etat, en accord avec l’Eglise, pour permettre à chacun de se reposer des festivités de la veille. Ce jour est cependant utilisé de longue date par l’Eglise catholique pour de nombreuses manifestations: pèlerinages nationaux et locaux, fêtes diocésaines, grands rassemblements de jeunes et réunions de famille, soulignent les évêques français. « Nous redoutons que sa suppression n’occasionne des dommages graves à la vie sociale autant qu’aux activités religieuses », a lancé Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence épiscopale, dans une déclaration signée le 6 novembre à Lourdes, où les évêques français sont actuellement réunis en assemblée.
Affirmant qu’ils ne veulent pas « se dérober à un devoir de solidarité nationale envers les personnes dépendantes », les évêques admettent qu’il ne leur appartient pas de se prononcer sur la solution retenue. Mgr Ricard a cependant demandé que la suppression de ce jour férié ne soit pas confirmée pour 2005 et s’est déclaré « ouvert à toute concertation » pour les années suivantes ».
« D’abord être sûr que ce soit la bonne réponse »
Mgr Jean-Pierre Ricard avait affirmé le 11 septembre que l’Eglise catholique ne s’acharnerait pas à sauvegarder le lundi de Pentecôte férié, si c’est en faveur des personnes âgées. Sa déclaration faisait suite à celles de plusieurs de ses confrères, notamment Mgr Dubost, le cardinal Lustiger et Mgr Barbarin. Le président de la Conférence épiscopale avait cependant ajouté qu’il fallait « être sûr que ce soit la bonne réponse » aux besoins de financement de l’aide aux personnes âgées dépendantes. « Peut- être faut-il explorer d’autres voies », avait-t-il suggéré.
La réflexion a été lancée par le gouvernement de Raffarin suite à la canicule qui a sévi cet été, et qui a fait en France près de 13’000 morts parmi les personnes âgées, selon les estimations des pompes funèbres. Afin d’empêcher qu’une telle situation se reproduise, le gouvernement a lancé l’idée de supprimer un jour férié. Les salariés qui travailleraient ce jour là recevraient une rémunération supplémentaire mais les cotisations sociales afférentes seraient versées à un fonds pour les personnes âgées. (apic/com/jcn/bb)
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