«La mort menace les peuples indigènes»
Brasilia, 7 novembre 2003 (Apic) Le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), organe annexe de la Conférence épiscopale du Brésil, critique vivement la politique du gouvernement de Lula à l’égard des peuples autochtones. Il s’inquiète de la violence contre les indigènes dans un document qui sera présenté ce samedi au Forum social brésilien, à Belo Horizonte.
«Les peuples indigènes, les pauvres et les exclus, rêvant d’une nouvelle société, avaient mis leur espoir dans le gouvernement de Lula. Cependant, face à la violence et au non accomplissement des promesses électorales, l’espoir a fait place à la perplexité», relève ce document intitulé: «Gouvernement de Lula: la mort menace les peuples indigènes».
Durant les dix premiers mois de l’année, 23 leaders autochtones ont été assassinés, ce qui, dit le CIMI, «révèle la stratégie des ennemis des peuples indigènes et le manque d’engagement du gouvernement pour les droits et la vie de ces peuples.» Le Conseil indigéniste voit à l’origine de cette violence l’absence d’une politique de démarcation des terres indigènes. «On espérait que le gouvernement de Lula donnerait des signes de sa volonté déclarée de racheter la dette sociale du pays envers les peuples indigènes en homologuant les terres qui auraient déjà dû l’être par les gouvernements antérieurs. Malheureusement, on a au contraire assisté à des réductions de terres indigènes ou à des menaces de transfert de peuples indiens de leur territoire traditionnel dans d’autres régions», souligne en substance le CIMI.
Agressions sexuelles, enlèvements, tortures.
L’accroissement du nombre des bases et des effectifs militaires à l’intérieur des terres indigènes, surtout en Amazonie, provoque la déstructuration des communautés autochtones. «Il y a d’innombrables cas de violences sexuelles, d’enlèvements et de tortures», affirme le CIMI. La relance de la militarisation des frontières montre que le gouvernement actuel continue la politique colonialiste des gouvernements antérieurs, ajoute-t-il. De plus, les grands projets d’infrastructures (routes, installations hydro-électriques, gazoducs) et d’expansion des cultures de soja et d’eucalyptus constituent des agressions, non seulement contre les peuples indigènes, mais également contre l’environnement.
Le CIMI incrimine un modèle économique qui favorise les élites, un pouvoir judiciaire lent à intervenir face aux violations des droits constitutionnels des peuples indigènes et la politique vacillante du gouvernement de Lula. «Pourquoi ce gouvernement est-il venu au pouvoir, sinon pour amener des changements? Les peuples indigènes et les mouvements sociaux reprendront leur lutte avec encore plus d’intensité pour que le rêve d’un autre monde devienne possible», conclut le Conseil indigéniste missionnaire. (apic/mba)
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