Rome: Jean Paul II offre cinq nouveaux bienheureux à l’Eglise
Rome, 9 novembre 2003 (Apic) Jean Paul II a béatifié dimanche 9 novembre cinq nouveaux serviteurs de Dieu originaires de France, d’Espagne et de Belgique. Il s’agit de deux prêtres, d’un religieux et deux religieuses. Parmi les nouveaux bienheureux, la française Rosalie Rendu, Fille de la Charité de Saint-Vincent de Paul, engagée au XIXe siècle auprès des exclus du quartier Mouftard, un quartier populaire de Paris.
Le pape est apparu en bien meilleure forme que lors des cérémonies de son jubilé, à la fin du mois d’octobre. Il a pu lire en entier la longue formule de béatification.
Au cours de la longue cérémonie, le pape a également béatifié le franciscain belge Valentin Paquay, le religieux italien Luigi M. Monti, les religieux espagnols Bonifiacia Rodriguez Castro et Juan Nepomuceno Zegri y Moreno.
Sous un grand soleil, le pape a procédé à la béatification devant une assemblée de quelques dizaines milliers de fidèles, sur la place Saint- Pierre. Au début de la célébration, Jean Paul II a écouté avec patience la longue lecture des biographies des fidèles élevés aux honneurs des autels. Après cette lecture, d’une voix à peu près claire et avec des intonations marquées, il a lu en latin la longue formule faisant d’eux des bienheureux et indiquant le jour de leur fête. Ainsi Rosalie Rendu sera désormais fêtée le 7 février. Les immenses portraits des bienheureux, jusqu’alors voilés, ont été révélés aux fidèles sur la façade de la basilique et leurs reliques ont été portées en procession jusqu’à l’autel.
Engagement social marqué: le pape contre la tentation de tout convertir en marchandise
Au cours de son homélie, Jean Paul II a mis en valeur le point commun de ces nouveaux bienheureux, leur engagement social marqué. Après avoir lu le premier paragraphe en italien, il a ensuite laissé la parole à des collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat qui ont lu en espagnol, en français ou en italien un commentaire spirituel sur chacun des bienheureux.
Par la voix d’un collaborateur de langue espagnol, la pape a souligné que les paroles de l’Evangile du jour, «ne fais pas un marché de la maison de mon Père», «interpellent la société actuelle, parfois tentée de tout convertir en marchandise et en revenu, laissant de côté les valeurs et la dignité qui n’ont pas de prix». Le pape a repris la lecture du dernier paragraphe, avant d’entonner la prière du Credo, reprise par la chorale.
C’est le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation romaine pour les causes des saints, qui a cependant présidé la consécration eucharistique avec le cardinal Dionigi Tettamanzi, archevêque de Milan et le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris. la fin de la célébration, avant la prière de l’Angélus, Jean Paul II a rapidement salué, en français, en espagnol et en italien, les pèlerins présents. SR
Encadré
Les nouveaux bienheureux: Rosalie Rendu
Dans l’assemblée se trouvaient plusieurs centaines de Fille de la charité, «héritières» de la spiritualité de Saint-Vincent de Paul et de Rosalie Rendu (1786-1856). Cette religieuse, «à la charité inventive», comme l’a souligné le pape, «voyait en tout homme le visage du Christ». Entrée en vie religieuse en 1802, à l’âge de 16 ans, elle passera 54 ans dans le quartier de la rue Mouffetard qui était alors le quartier le plus misérable de la capitale française.
Avec ses soeurs, coiffées d’immenses cornettes, elle ouvre un dispensaire, une pharmacie, une école, un orphelinat, une crèche, un asile pour les vieillards et sera ainsi à la tête de tout un réseau d’oeuvres sociales. Faisant tête aux épidémies de choléra, elle montera sur les barricades en 1830 et en 1848 alors que l’archevêque de Paris, Mgr Affre, y sera tué pour avoir voulu s’interposer entre le pouvoir et la classe ouvrière. En 1852, Napoléon lui remet la Légion d’Honneur. Elle est une des premières femmes françaises à la recevoir. A sa mort, en 1856, des milliers de personnes de toutes tendances politiques et de toutes les classes sociales viennent se recueillir sur sa tombe et marquer leur admiration pour le travaille accompli. SR
Encadré
Valentin Paquay, J.N. Zegri y Moreno, Luigi Maria Monti, soeur Boniface Rodriguez Castro
Le Père Valentin Paquay (1828-1905), franciscain originaire de Belgique, est souvent comparé au curé d’Ars pour son activité d’apostolat. Il a particulièrement été apprécié des milieux populaires et des instituts religieux. Il a, selon le pape, «rappelé aux hommes la grandeur du pardon divin». Jean Nepomucène Zegri y Moreno (1831-1905) est un prêtre espagnol du diocèse de Grenade, fondateur de l’Institut des soeurs de la charité de la bienheureuse Vierge Marie de la Merci.
Luigi Maria Monti (1825-1900) est quant à lui un religieux laïc italien fondateur des fils de l’Immaculée Conception. Il dédia son institut – auquel pouvaient s’intégrer des laïcs, des religieux ou des prêtres – au service des malades, des personnes handicapées et des orphelins. Le pape a enfin béatifié soeur Boniface Rodriguez Castro (1837-1905), religieuse fondatrice des servantes de saint Joseph. Avant de devenir religieuse, cette Espagnole de Salamanque tenait avec sa mère un atelier de passementerie. Au sein de cet atelier, elle exerçait déjà une importante activité apostolique auprès des autres ouvrières. Plutôt que de rentrer chez les religieuses dominicaines comme elle le souhaitait au départ, elle fondera avec l’aide d’un jésuite, une congrégation insérée dans le monde du travail. (apic/sr/imedia/be)
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