L’avenir de la Librairie de l’Ale scellé: ce sera la Librairie Payot

Lausanne: Synode de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV)

Lausanne, 9 novembre 2003 (Apic) Il n’y aura pas de sursis pour tenter de sauver la Librairie de l’Ale, à Lausanne. Ainsi en a décidé le Synode de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), qui a tenu son assemblée les 7 et 8 novembre 2003 à Lausanne.

Des voix se sont élevées au Synode, et une pétition avait été aussi lancée, pour regretter la fermeture de la Librairie et demander un sursis de quelques mois pour étudier de nouvelles pistes. Au vote, c’est la proposition du Conseil synodal qui a été retenue. Proche de la faillite en 1998, la Librairie de l’Ale n’avait dû son salut qu’à la reprise par l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) des actifs et passifs de la SA et à l’octroi de subventions.

Depuis, précise l’EERV, le chiffre d’affaires n’a cessé de baisser. Le Conseil de Fondation de la Librairie et la Librairie catholique de La Nef ont étudié la fusion des deux établissements. Un premier projet de librairie oecuménique aurait dû s’intégrer dans le cadre d’un projet d’espace culturel oecuménique au Temple protestant des Terreaux, qui aurait compris une salle permettant d’accueillir des spectacles, concerts, expositions, conférences ou colloques avec une dimension spirituelle et/ou éthique fortement marquée. Mais le projet des Terreaux a été abandonné.

« Perte d’un peu de la visibilité sociale des Eglises »

Une nouvelle librairie ne serait pas viable sans subventions des Eglises (l’EERV verse une subvention annuelle de 50’000 francs à la Librairie de l’Ale), estime-t-on du côté du Conseil synodal. Les responsables des deux Eglises en Pays de Vaud proposent plutôt une collaboration avec la Librairie Payot. Sur la base d’une convention, Payot ouvrirait dans ses locaux un espace réservé aux ouvrages sur le christianisme et les grandes religions. Du côté des partisans du maintien de la Librairie, tant du côté catholique que protestant, on souligne qu’il s’agit là de la « perte d’un peu de la visibilité sociale des Eglises du canton de Vaud ». Du côté catholique, en ce qui concerne « La Nef », le projet avec Payot est également sur les rails.

Evaluation du journal « bonne nouvelle »: affirmer plus clairement l’identité protestante

Le journal de l’EERV paraît depuis le mois de janvier 2001. Dix fois par année, il est envoyé à tous les ménages du canton de Vaud, soit 340’000 exemplaires. Il propose un cahier comprenant articles et reportages à l’intention du plus grand nombre de lecteurs et un cahier réservé à la vie locale de l’EERV.

Le Synode était saisi d’un rapport détaillé faisant le point sur l’ensemble de la situation: organisation, financement, distribution, composition du journal (cahier général et cahier régional), ligne rédactionnelle. Le Synode a nettement accordé sa confiance à la formule en place. Lors de son vote, il a souhaité que les régions réunies dans un même cahier collaborent davantage dans l’utilisation de l’espace à disposition. Il a aussi demandé que la ligne rédactionnelle affirme mieux sa référence à l’Evangile et plus clairement l’identité protestante. Tout le défi de « bonne nouvelle » est là: afficher une identité et rester ouvert à un public très large.

Les Eglises portent le souci de l’intégration des étrangers

En début de session, le Conseiller d’Etat vaudois Pierre Chiffelle, chef du Département des Institutions et des Relations Extérieures (DIRE) dont dépendent les Eglises, a rendu visite au Synode. Il a évoqué le travail qui attend les Eglises, les communautés religieuses et l’Etat pour traduire dans la réalité les dispositions de la nouvelle Constitution. Travail à mener en commun dès maintenant. Il a souligné la nécessaire collaboration de l’Etat et des Eglises au service de la population, notamment dans le souci des démunis et l’intégration des étrangers.

Avec l’élection d’un membre laïc, le gynécologue-obstétricien Bertrand Pellet, le Conseil synodal, collège exécutif de sept membres, est à nouveau au complet pour diriger l’EERV. Le médecin âgé de 47 ans, qui exerce à Cossonay et Saint-Loup, a en effet été élu à la place laissée vacante par la démission de Line Richardet, de Pomy. (apic/com/pm/be)

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