Guatemala: Elections: des responsables de la Pastorale de la terre analysent la situation
Berne, 12 novembre 2003 (Apic) Le candidat Efrain Rios Montt, l’ex- dictateur qui a ensanglanté le pays dans les années 80, a été battu lors du premier tour des élections présidentielles le dimanche 9 novembre au Guatemala. «C’est l’une des conclusions positives» qui peuvent être tirées du scrutin, selon Ursula Roldan, responsable de la Commission de la Pastorale de la terre de la Conférence des évêques catholiques du Guatemala.
D’une part, souligne-t-elle, l’ex-dictateur Rios Montt a été sanctionné et relégué à la troisième place. D’autre part, Oscar Berger, représentant de la riche oligarchie des propriétaires terriens, n’a pas pu l’emporter au premier tour. Le second tour aura lieu le 28 décembre.
L’assistante sociale Ursula Roldan, interviewée par l’agence de presse oecuménique ENI, effectue actuellement une tournée européenne avec sa collègue Ingrid Urizar, également membre de la Pastorale dans le monde rural. Elles ont été invitées entre autres par la section suisse d’Amnesty International et par le Réseau «Guatemala», lié aux Eglises protestantes suisses.
75 % de la population paysanne vit dans une situation de pauvreté
Quel que soit le résultat de ce deuxième tour des élections, les graves problèmes structuraux qui affectent le Guatemala exigent de profonds changements et des réponses sociales urgentes, observent les deux intervenantes. Au Guatemala, 75 % de la population paysanne, en particulier les femmes, vit dans une situation de pauvreté, déplore Ursula Roldan.
Une récente étude de l’Institut de nutrition d’Amérique centrale et de Panama (INCAP) avertit que la crise alimentaire et la malnutrition touchent la plus grande partie de la population des zones rurales, qui constitue environ 60 % des 12 millions de Guatémaltèques. Plus de trois millions de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour.
Selon les deux militantes de la Pastorale de la terre, la réalité dramatique obligera, quel que soit celui qui obtient la présidence, à trouver des solutions, en particulier dans les campagnes. «Avec l’appui ferme de l’Eglise catholique, des organisations paysannes, des associations de défense des droits de la personne et d’autres mouvements sociaux, nous sommes en train de créer une plate-forme agraire qui fera des propositions et sera un instrument d’alliance stratégique», a expliqué Ingrid Urizar.
Le thème de la réforme agraire est au centre du débat de fond dans les campagnes, a conclu Ursula Roldan, qui a souligné l’action de la Pastorale de la terre en faveur des droits des paysans et des travailleurs, des groupes marginalisés pour leur faciliter l’accès à la terre et des petits producteurs afin qu’ils bénéficient d’un marché équitable. (apic/eni/be)
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