Congrès au Vatican sur cette maladie émergente
Rome, 13 novembre 2003 (Apic) La dépression « est le principal ’killer’ de notre époque » a affirmé le cardinal Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, à la veille de l’ouverture de la 18e conférence internationale organisée au Vatican du 13 au 15 novembre sur le thème de « La dépression ».
Le rôle du Conseil est « de s’occuper des maladies émergentes », a déclaré mercredi le nouveau cardinal mexicain. Après des conférences sur la drogue ou le sida les années précédentes, le Saint-Siège se penche cette année sur le problème de la dépression, « cataloguée parmi les principales causes de décès massifs dans le monde actuel », peut-on lire dans le programme du congrès qui sera distribué aux quelque 620 participants.
Pour le cardinal Lozano Barragan, « au-delà des découvertes et des avancées technologiques, l’homme ne peut bannir le fantôme de la mort » et « à une peur immense, même si, souvent, il ne le confesse pas ». « Lorsque les questions ultimes et définitives que se pose l’homme ne reçoivent pas une réponse vraie, existentielle et satisfaisante, a-t-il précisé, tout devient absurde, la tristesse et la peur prennent le dessus ».
Ce congrès entend ainsi aborder trois questions: ce qu’est la dépression; le regard que Dieu porte sur cette maladie; ce qu’il est possible de faire face à cela.
Pour la première partie, les participants se pencheront sur le problème du point de vue médical, biologique et psychologique. « Une société dépressive? » sera le thème de la conférence du père Tony Anatrella, psychanalyste français et spécialiste en psychiatrie sociale, alors qu’un professeur suédois traitera du thème particulier du suicide. Le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture, interviendra enfin sur « les idées dépressives du monde contemporain ».
Témoignages
Les travaux du 14 novembre traiteront de l’histoire de la dépression et de l’espérance chrétienne à la lumière de la foi dans l’univers de la dépression. Cette même journée verra des interventions d’un rabbin juif, d’un musulman, d’un hindou, d’un bouddhiste (l’ambassadeur de Taiwan près le Saint-Siège), qui donneront, chacun, le sens de la dépression dans leur propre croyance.
Dans l’après-midi du même jour, le père Anatrella insistera sur le fait « de privilégier une éducation dans le sens de la personne, de la responsabilité et de l’estime de soi à la lumière du christianisme ». Un psychiatre français, Dominique Meggle, abordera la nécessité de » susciter un lien social dans une société éclatée et dominée par l’individualisme ». Le nouveau cardinal de Séville, Carlos Amigo Vajello, traitera de « l’accompagnement pastoral et spirituel du dépressif et de son entourage ».
Pour Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Saint Siège et modérateur de la conférence de presse de présentation du congrès, « la dépression, comme toutes les maladies, n’affecte pas l’âme mais le corps, et peut arriver à tout le monde ». Il répondait ainsi à une question sur le phénomène de la dépression au sein de l’Eglise. Ce médecin psychiatre de formation a par ailleurs insisté sur un autre aspect à prendre en compte: « les facteurs de risque déterminés par le style de vie ». (apic/imedia/pr)
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