Fribourg: Mgr Bernard Genoud a rencontré les journalistes catholiques de Suisse Romande
Fribourg, 14 novembre 2003 (Apic) L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Bernard Genoud, a rencontré le 12 novembre à l’évêché les journalistes catholiques de Suisse Romande. Il a commenté la restructuration du diocèse, qui verra la formation de 65 unités pastorales, et défini la collaboration entre prêtres et laïcs comme une des composantes essentielles de la réussite de cette entreprise.
La restructuration pastorale du diocèse, qui comprend les cantons de Vaud, Genève, Fribourg et Neuchâtel, a entamé mercredi une nouvelle phase. Le dossier, qui contient notamment le projet de regroupement des paroisses, a été envoyé pour consultation aux agents pastoraux (prêtres et laïcs), aux conseils de pastorale diocésain, cantonaux et paroissiaux, et aux conseils paroissiaux.
« C’est vrai, nous allons au devant d’années difficiles », admet l’évêque en constatant notamment la diminution du nombre de prêtres et de catholiques pratiquants. « Mais la foi m’optimise. L’Eglise, ce n’est pas ma combine à moi. Et en parlant de vocations de prêtres, je constate en consultant les statistiques que l’Eglise compte actuellement près de deux fois plus de séminaristes qu’il y a 25 ans. Certes, cela concerne davantage les pays d’Afrique, d’Amérique latine ou de l’Est. Mais nous ne devons pas paniquer sur notre réalité régionale ».
Les prêtres ne seront plus des pompes à incendie
Une des évolutions nécessaires pour une restructuration optimale du diocèse touche la collaboration entre prêtres et laïcs dans les équipes pastorales, qui seront nommées à la tête des nouvelles unités. La formation de telles équipes entraîne une redéfinition du rôle du prêtre, lequel est considéré dans de nombreuses paroisses comme le seul représentant valable de l’Eglise. « On dit parfois que les prêtres sont comme les pompes à incendie. Pour bien, il en faut un par village, même si on ne s’en sert pas », affirme en souriant Mgr Genoud. « Même si le curé reste le premier responsable de la communauté chrétienne, la responsabilité de la pastorale sera partagée entre les membres de l’équipe. Et dans les villages où ne réside aucun agent pastoral, l’idéal serait d’avoir des catholiques engagés qui agissent comme relais. »
Ce modèle pastoral n’a pas été créé par l’évêché à partir de simples cogitations. Depuis plusieurs années, le conseil épiscopal a « amassé un maximum d’information sur les expériences d’autres diocèses », soutient Mgr Bernard Genoud. Et c’est notamment en France voisine, confrontée à des problèmes encore plus aigus de raréfaction des prêtres et de manque de moyens financiers, que l’évêque et ses collaborateurs sont allés s’inspirer pour le regroupement des quelque 270 paroisses de leur diocèse en 65 unités pastorales.
Depuis cet automne, Mgr Genoud et le vicaire général Rémy Berchier visitent chaque mercredi les paroisses du diocèse, secteur par secteur, en commençant par le canton de Vaud. Rencontre avec les prêtres le matin, et avec les laïcs l’après-midi: c’est en faisant connaissance avec les agents pastoraux et autres responsables des paroisses que l’évêque et son bras droit pourront encore mieux susciter un esprit de collaboration dans les futurs unités pastorales.
Lointain successeur de saint Jean
Devant les journalistes catholiques, l’évêque a également exprimé les principales joies et difficultés rencontrées durant ses bientôt cinq ans d’épiscopat. « J’ai rencontré la grâce de vivre le sacerdoce plénier et de le transmettre. Le bonheur d’être le successeur de saint Jean, 80 impositions de mains plus tard, et de me sentir dans une Eglise apostolique », s’enthousiasme Mgr Genoud, avant de citer d’autres joies, plus concrètes: les rencontres avec les jeunes confirmands, la fréquentation des médias, la mobilisation vécue dans le cadre de AD 2000, la formation d’un conseil pastoral diocésain qui a rapidement fait preuve d’efficacité et le jubilé national à Rome.
Au niveau des difficultés, l’évêque cite sans hésiter l’indifférence rencontrée chez de nombreuses personnes. « Je préfère l’hostilité, qui permet le dialogue et un affrontement constructif. Malheureusement, je constate que notre société a un peu perdu le sens du sens. L’ennemi no 1 du 21e siècle, pour l’Eglise catholique, ce ne sont pas les autres religions, et encore moins les autres confessions. Non, c’est le nihilisme. Nous vivons une civilisation du ’bof’, même si je ressens un regain de soif de métaphysique. Mais ridiculiser la mort en célébrant Halloween ne répond pas à cette soif. »
Sans-papiers: deux ans de perdu
Durant son ministère d’évêque, Mgr Genoud cite également, parmi ses souffrances, le manque de vocations, les problèmes de pédophilie dans l’Eglise et la situation difficile des sans-papiers. Caritas Suisse, justement, a émis la veille des propositions pour régulariser la situation des quelque 70’000 à 180’000 illégaux résidant dans le pays. L’organisation d’entraide demande d’accorder un permis B à tous ceux qui séjournent depuis quatre ans en Suisse, n’ont pas commis de délit important et exercent une activité professionnelle. « Il s’agit d’une régularisation « catégorielle ». Et c’est ce qu’avait proposé la Conférence des évêques suisses il y a deux ans et qui n’a pas été retenu. Certains hauts responsables politiques étaient prêts à l’accepter, mais y ont finalement renoncé. Tant mieux que notre idée ait été reprise, mais ça fait deux ans de perdu. » BB
Encadré:
La planification diocésaine en phase de consultation
La planification du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg passe par la formation d’unités pastorales. Celles-ci regrouperont plusieurs paroisses voisines et seront confiées à une équipe pastorale, formée en principe de prêtres et de laïcs.
Le projet, y compris les propositions de regroupement géographique, a été envoyé mi novembre aux agents pastoraux, conseils pastoraux diocésain, cantonaux et paroissiaux, ainsi qu’aux conseils de paroisse pour consultation. Il peut être consulté sur le ite internet de l’évêché: www.diocese-lgf.ch/. Les propositions et réactions peuvent être adressées à l’évêché jusqu’au 30 janvier 2004.
Au terme de la consultation, les unités pastorales et les équipes nommées à leur tête seront mises en place entre 2004 et 2010. BB
Encadré:
Un évêque orienté vers l’enseignement
C’est le 18 mars 1999 que l’abbé Bernard Genoud a été nommé évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Il reçoit l’ordination épiscopale quelques semaines plus tard, le lundi de Pentecôte 24 mai.
Bernard Genoud est né le 22 février 1942 à Châtel-St-Denis, dans le canton de Fribourg. Ordonné prêtre en 1968, il est nommé vicaire à Montreux avant de reprendre en 1971 des études de philosophie à l’Université de Fribourg, terminées par une licence en 1975.
Sa carrière s’est naturellement orientée vers l’enseignement, au Collège Saint-Michel à Fribourg, puis au Collège du Sud à Bulle et à l’Ecole de la Foi à Fribourg. De 1981 à 1994, il a également été responsable de la paroisse de Lessoc, à quelques kilomètres de Bulle.
Nommé supérieur du Séminaire diocésain de Fribourg en 1994, pour succéder à Pierre Bürcher désigné évêque auxiliaire, Bernard Genoud a également été professeur de philosophie pour l’année de discernement vocationnel au Séminaire diocésain de Sion à Givisiez. En 1996, il a également été chargé de cours à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg.
L’évêque vient de reprendre « du service » dans l’enseignement, assurant le cours de « situation de la foi » à l’Institut de Formation des ministères laïcs, à l’Ecole de la foi et des ministères, et dans le cadre du discernement des vocations. BB/MP
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