Appel à la liberté religieuse dans les pays islamiques

Rome: Le cardinal Ratzinger critique la vision de l’islam sur le pouvoir politique

Rome, 26 novembre 2003 (Apic) Le cardinal Joseph Ratzinger critique l’identification faite par l’islam entre le monde politique et le monde religieux. Invitant les chrétiens à être plus sûrs de leurs convictions, il insiste pour que la liberté religieuse soit respectée dans les pays islamiques et que les musulmans convertis au christianisme soient mieux accueillis par les communautés chrétiennes.

Au cours d’un long entretien publié le 26 novembre dans le quotidien italien « Il Giornale », à l’occasion de la sortie de son dernier livre intitulé « Foi, Vérité, Tolérance », le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelle en outre l’unicité du christianisme dans un monde où prévaut le relativisme religieux.

Pour le cardinal allemand, le christianisme a apporté une « nouveauté essentielle dans l’histoire » qui est la « distinction entre l’empereur et Dieu ». Or, selon lui, « l’islam est retourné à cette identification entre le monde politique et religieux, avec la pensée que seul le pouvoir politique peut moraliser l’humanité ». « Avec le Christ, souligne-t-il, nous trouvons immédiatement la position contraire: Dieu n’est pas de ce monde, comme dit le Christ. Staline, lui, affirme qu’il n’a pas de divisions ». Le cardinal Ratzinger déclare en outre que le christianisme n’attire pas à lui, « avec un pouvoir externe, politique ou militaire, mais c’est seulement le pouvoir de la vérité qui convainc, le pouvoir de l’amour qui attire ». « Dieu est un absolu, ajoute-t-il, alors que l’Etat n’est pas un absolu ». Selon lui, « cette distinction entre l’Etat et la réalité divine crée l’espace d’une liberté dans lequel une personne peut s’opposer à l’Etat ».

Instrumentalisation du christianisme: un abus

Le cardinal rappelle par ailleurs les blessures du passé qui restent dans les consciences » provoquées par le colonialisme, durant lequel « certains pouvoirs européens ont instrumentalisé le christianisme en fonction de leur pouvoir mondial ». « C’est un abus, souligne-t-il, mais le fait que ce soit un abus ne doit pas fermer nos yeux sur la réalité de l’unicité du Christ ». S’il dit « comprendre une certaine modestie manifestée par des chrétiens qui soulignent que leur religion n’est pas meilleure que les autres », il insiste sur l’unicité historique du Christ « qui ne peut être assimilé à diverses personnalités religieuses ou à des visions mythologiques orientales ». Pour le cardinal Ratzinger, « des choses contradictoires ne peuvent être des moyens identiques du salut ». (apic/imedia/bb)

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