Afrique: Les Eglises s’engagent à lutter plus efficacement contre la propagation du Sida
Yaoundé, le 30 novembre 2003 (Apic) Les délégués à la 8e Assemblée générale de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) ont décidé de s’attaquer énergiquement au Sida. Les évêques catholiques africains ont promis pour leur part de lancer une action concertée sur le VIH/SIDA: soutien des personnes infectées, prise en charge des malades et élimination des clichés sociaux de discrimination.
Après les présentations et les exposés de plusieurs pasteurs et laïcs affectés par le VIH, les délégués de la CETA se sont engagés, lors d’une cérémonie célébrée le 26 novembre à Yaoundé au Cameroun, à devenir « une communauté de compassion et de guérison, un lieu sur où toutes les personnes affectées par le VIH/SIDA pourront vivre ouvertement et efficacement », relate l’agence d’information oecuménique ENI.
Un adulte sur cinq en Afrique australe vit aujourd’hui avec le Sida, ce qui représente le taux le plus élevé depuis le début de l’épidémie. C’est ce qu’indique un rapport du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avant la Journée mondiale SIDA, le 1er décembre. Depuis l’ apparition du VIH/SIDA, il y a plus de 20 ans, on estime à plus de 20 millions le nombre de personnes mortes des suites de la maladie, dont trois quarts en Afrique, indiquent encore les statistiques de l’ONUSIDA
« Tous ceux qui font partie de l’Eglise doivent présenter des excuses à nos frères et soeurs vivant avec le VIH/SIDA », a déclaré l’archevêque anglican kenyan Benjamin Nzimbi. C’est le devoir des religieux de parler franchement à leurs communautés, dans les écoles, les prisons et les casernes, du problème du VIH/SIDA. Il est temps, a-t-il ajouté, d’inclure cette question dans les programmes de séminaires et d’inciter les Eglises à mettre en place des sections pour traiter de l’épidémie. « Nous devons placer la femme africaine au centre du combat », a-t-il dit, en faisant remarquer que les femmes sont particulièrement vulnérables et ont besoin d’être protégées.
Pauvreté et violence vont de pair avec le Sida
De son côté, le Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) vient de diffuser un message « Notre prière est toujours pleine d’espérance », publiée le 1er décembre au nom de plus de 600 évêques du continent. Le texte, signé du Père Peter Lwaminda, secrétaire général du SCEAM, avait été adopté le 7 octobre lors de l’assemblée des délégués épiscopaux d’Afrique à Dakar au Sénégal. Les évêques s’engagent à s’investir « dans une éducation appropriée à la vie affective et sexuelle ». Ils dénoncent à la fois la pauvreté et la violence qui vont de pair avec le VIH et le SIDA. Offrant leur solidarité avec ceux « qui se sont levés pour relever le défi du SIDA », les évêques expriment leur proximité à leurs « chers frères et soeurs qui sont infectés et affectés par le VIH/SIDA », avec une attention particulière aux enfants et femmes qui subissent l’impact le plus sévère du VIH/SIDA.
Dans l’intention de prévenir l’expansion du VIH, les évêques réaffirment que « abstinence pour les célibataires et fidélité pour les mariés sont les meilleurs moyens d’éviter d’être infecté ou de contaminer les autres. » Ils invitent les personnes vivant avec le VIH à s’engager dans les programmes de l’Eglise.
L’Eglise catholique n’entend pas s’engager seule dans a lutte contre la pandémie. Elle annonce son intention de « collaborer avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions travaillant dans leurs communautés respectives » en vue de « soigner et soutenir les personnes infectées et/ou affectées ». Elle va également « promouvoir des partenariats plus élargis avec les gouvernements, les Nations Unies, les Agences Internationales et intergouvernementales, le monde des affaires et la société civile ».
Pour des relations saines et une sexualité intègre
Dans son message, le SCEAM s’engage enfin à « développer des programmes d’enseignement qui intègrent le thème du VIH/SIDA dans l’éducation théologique et religieuse », tout en précisant que « ces programmes intégreront également les principes moraux et les compétences pratiques pour promouvoir des relations saines et une sexualité intègre ». Il va également « organiser des ateliers et des séminaires au niveau régional, national, diocésain et paroissial, ayant pour but d’accroître la connaissance précise et la sensibilité à tous les aspects pertinents du VIH/SIDA pour l’Eglise ». L’Eglise catholique compte dans son entreprise sur les « personnes vivant avec, ou affectées par le VIH/SIDA » afin qu’elles s’engagent « comme personnes ressources dans la lutte contre les effets de la pandémie au niveau des communautés locales ». (apic/eni/com/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse