Fribourg: Le Musée d’Art et d’Histoire s’ouvre aux «saints et aux anges» du XVIe siècle

«Une piété baroque» à portée des yeux

Fribourg, 3 décembre 2003 (Apic) Le Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg a ouvert le 3 décembre trois nouvelles salles d’exposition consacrées à l’art et à la religion de l’époque baroque. Une page ouverte sur ce Fribourg des XVIe et XVIIe siècles, îlot catholique au milieu des territoires protestants, et sur la forte influence des jésuites après leur arrivée en 1580. Regard sur cet art sacré encouragé par le catholicisme.

Fait notoire: la moitié des 50 oeuvres d’art et objets présentés dans ces espaces n’étaient pas exposés auparavant. Les nouvelles salles complètent la présentation du XVIIe siècle fribourgeois à travers des symboles liés entre autres au pouvoir et à l’économie. Le visiteur, appelé à se situer dans l’histoire, découvre une culture intégrant l’individu à une société fortement hiérarchisée. Histoire de contrôler tous les domaines de la vie.

Ressortie des oubliettes par le Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg (MAHF), les oeuvres ainsi mises en valeur interpellent le visiteur. A l’image de cette Vierge et l’Enfant du peintre fribourgeois Pierre Wuilleret, aux formes teintées d’un relent étrange de cubisme avant l’heure. Bien avant. puisque l’artiste a travaillé ses oeuvres dans les années 1590/1650. L’art populaire, «photographie» d’une époque, parfois maladroitement exprimé dans sa touche artistique, fixe aussi des expressions de la piété baroque.

Les courants européens

L’influence des courants européens est apportée par Jean-François Reyff, peintre d’origine franc-comtoise. Ce dernier a fixé sur la toile l’Ordre des jésuites, que protège le large manteau déployé sur lui par la Vierge et son Enfant. Pierre Canisius y figure, en bonne place aux côtés d’Ignace de Loyola, et bien d’autres. Dans la seconde galerie qui porte ses oeuvres, figurent en outre des sculptures des saints Pierre et Paul à taille humaine, et aux expressions douloureuses à jamais gravées dans le bois.

La troisième galerie ouverte dès le 3 décembre s’articule autour de reliques, fragments de corps de saints, ou de leurs vêtements. Les reliquaires où elles sont conservées sont richement ornés. A l’âge baroque, ils étaient fréquemment confectionnés dans les couvents de religieuses et agrémentés de perles de verre, de fil d’argent, de fleurs en étoffe ou en papier. Pas toujours réalisé avec bonheur.

L’art encouragé

En d’autres termes, «Une piété baroque», titre de l’exposition visible dans ces trois salles, plonge le visiteur dans cette Europe du XVIe et XVIIe siècle en Pays fribourgeois, où l’Eglise catholique réagit au séisme de la Réforme par un mouvement de rénovation interne. Contrairement au protestantisme, qui conduisit à la destruction massive d’oeuvres d’art sacré – l’iconoclasme – le catholicisme a encouragé la création d’images et mobilisé l’art à son service.

A Fribourg, les autorités décidèrent de rester fidèles à la vieille foi. Elles développèrent l’instruction et installèrent une imprimerie, sous l’influence des jésuites. Dans le domaine artistique, cette période culmina au XVIIe siècle par des splendeurs baroques. Peintres et sculpteurs collaboraient alors à la décoration des églises, souvent dans un style austère, encore sous le coup du Moyen Age, apportant ensuite peu à peu à leurs oeuvres des formes plus souples, plus mouvementées aussi. Bref, une époque favorable à la créativité, encore enrichie par l’arrivée à Fribourg de peintres étrangers, comme Adam Künimann (Alsace), Pierre Crolot et Claude Fréchot (Franche-Comté), Johann Achert (Allemagne), pour n’en citer que quelques-uns.

Publication d’un livre

Parallèlement à l’Expo, le MHAF publie en collaboration avec l’Association Pro Fribourg un livre richement illustré et en couleurs d’une centaine de pages. L’ouvrage, intitulé «Comme on connaît ses saints», est une introduction originale à l’histoire – et aux histoires – des saints, personnages aussi vénérés que méconnus, mais omniprésents dans l’art. A noter que le livre est en vente au prix de 25 francs à l’accueil du Musée. (apic/pr)

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