Appel à mettre de côté les armes

Proche-Orient: Déclaration commune de responsables juifs et du Saint-Siège

Rome, 5 décembre 2003 (Apic) Des responsables du grand rabbinat d’Israël et du Vatican ont lancé un appel à la paix au Proche-Orient, dans une déclaration conjointe rendue publique jeudi par le Vatican. «Nous appelons tous les croyants à mettre de côté les armes de guerre et de destruction et à rechercher la paix», souligne la déclaration commune.

Il est ignoble d’accomplir des actes terroristes contre des personnes en train de prier. C’est ce qu’affirme en effet une déclaration commune au terme de la 3e rencontre qui a eu lieu à Jérusalem du 1er au 3 décembre 2003, entre le grand rabbinat d’Israël et une délégation de la Commission du Saint-Siège pour les relations avec les juifs. Les deux parties demandent également le dépôt des armes, en particulier en Terre Sainte.

Les récentes et fortes prises de position du Saint-Siège, condamnant la violence contre des innocents et dénonçant les résurgences d’antisémitisme, ont été «profondément appréciées» par la communauté juive d’Israël, peut-on lire dans le document publié par le Saint-Siège le 4 décembre 2003. Cette déclaration fait référence en particulier à une lettre co-signée par les cardinaux Walter Kasper, Jorge Mejia et Georges Cottier et adressée au grand rabbin d’Israël. «Attaquer des gens sur leur lieu de prière n’est pas seulement cruel mais aussi ignoble et même incompatible à ce que le standard humain peut accepter» avait ainsi écrit le cardinal Mejia, chef de la délégation catholique.

La veille de cette rencontre judéo-chrétienne dans la Ville Sainte, le pape avait également lancé un appel aux responsables des grandes religions pour «que le nom de Dieu ne soit jamais utilisé pour inciter à la violence et au terrorisme, pour promouvoir la haine et l’exclusion», rappelle la déclaration commune.

En dix points

Articulée en dix points et signée par le cardinal Jorge Mejia – côté catholique – et par le rabbin Shear Yashuv Cohen, à la tête de la délégation juive, cette déclaration commune invite par ailleurs «les responsables religieux et les éducateurs à s’appliquer en particulier à instruire leurs communautés en vue de la recherche de la paix, pour le bien de toute la société» et, dans l’article 8, «appelle en particulier tous les enfants d’Abraham et tous les croyants à mettre de côté les armes de guerre et de destruction».

«En tant que responsables religieux, nous partageons le même sentiment de tristesse pour tous ceux qui souffrent aujourd’hui en Terre Sainte, nous espérons et prions avec ferveur pour la fin des épreuves et des tribulations sur la Terre qui est sainte pour nous tous», peut-on lire.

Enfin, conclut la déclaration commune, «nous exhortons nos propres communautés, nos écoles et nos familles à vivre dans un respect mutuel et de compréhension et à s’immerger dans l’étude des Saintes Ecritures que nous partageons, pour le bien de toute l’humanité, de la paix universelle et de la justice».

Les deux parties ont tenu à souligner «l’atmosphère de respect mutuel» et les «fondements solides» de ces rencontres qui «promettent une continuité et une réelle collaboration».

Troisième rencontre

Les discussions entre le Comité international de Liaison (ICL), le Vatican et la communauté juive mondiale existent depuis près de 30 ans. Ce nouveau canal de discussion entre le grand rabbinat de Jérusalem et le Saint-Siège est en revanche récent. Il entend aborder des thèmes strictement religieux.

Cette troisième rencontre avait pour thème «Le rôle central des Ecritures Saintes pour notre société contemporaine». La première rencontre a eu lieu en juin 2002 à Jérusalem, sur le respect de l’homme créé à l’image de Dieu, et celle du 26 et 27 février 2003 à Grottaferrata, dans les alentours de Rome, avait abordé le thème de la valeur de la vie et de communautés à emprunter les chemins de la paix pour le bien de la société en général».

Les chefs des deux délégations étaient le rabbin Shear Yashuv Cohen et le cardinal Jorge Jean Paul II a été le premier pape de l’histoire à entrer dans une synagogue et à demander pardon pour les fautes commises par l’Eglise envers les juifs. Son pontificat a été marqué par un effort constant de dialogue avec le judaïsme. Il avait cependant critiqué le mois dernier, à la veille d’une visite en Italie du Premier ministre israélien Ariel Sharon, la construction par les autorités israéliennes de la «barrière de sécurité», en déclarant que le Proche-Orient «n’avait pas besoin de murs mais de ponts». (apic/ag/imedia/pr)

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