Brésil: Le gouvernement condamne durement l’opposition de l’Eglise aux préservatifs

Une position qui peut conduire à un «crime contre l’humanité»

Rio de Janeiro, 10 décembre 2003 (Apic) Le gouvernement brésilien a très durement condamné la position de l’Eglise catholique à propos de son opposition aux préservatifs. Son ministre de la Santé, Humberto Costa, a estimé que cette attitude pouvait conduire à «un crime contre l’humanité».

«L’Eglise peut être en train de commettre un nouveau crime contre l’humanité», indique un communiqué du ministère rendu public mardi. Pour le ministre Costa, «l’Eglise se trompe quand, pour faire valoir son point de vue théologique, elle lance des doutes sur des vérités scientifiques prouvées depuis longtemps, mettant en danger la vie de personnes, qui, par obéissance religieuse, finissent par ne pas se protéger».

Fin novembre, l’archidiocèse de Rio de Janeiro a saisi la justice locale pour empêcher la diffusion d’un film vidéo, réalisé par une ONG de lutte contre le sida, dont le slogan était «Commettre un péché, c’est de ne pas mettre un préservatif».

Alexandre Granjeiro, directeur du programme national de lutte contre le sida, a expliqué que son gouvernement avait choisi de ne pas faire de polémique avec l’Eglise mais que sa campagne publique obligeait ses services à assurer à la société «le droit de discuter de façon démocratique et d’être informée».

En octobre dernier, le ministre Costa, avait déjà condamné les affirmations du Vatican, selon lesquelles le préservatif n’est pas efficace, estimant qu’elles n’avaient « aucune base scientifique » et portaient préjudice à la lutte contre le sida.

Actuellement, 135’000 Brésiliens – soit la totalité de ceux qui ont connaissance de leur maladie – bénéficient du programme gouvernemental anti- sida et de la distribution gratuite de 15 médicaments anti-rétroviraux dont sept sont des génériques fabriqués au Brésil. (apic/ag/pr)

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