Cameroun: Veritas, la radio fondée par le cardinal Tumi, à nouveau autorisée à émettre
Douala/Paris, 15 décembre 2003 (Apic) « Veritas », la radio catholique camerounaise fondée par le cardinal Christian Wiyghan Tumi, est à nouveau autorisée à émettre, annonce lundi 15 décembre l’organisation de défense des journalistes « Reporters sans frontières » (RSF) à Paris. Depuis trois ans, le ministre camerounais de la Communication lui met les bâtons dans les roues et veut faire taire un émetteur critique.
L’archevêque de Douala est très critique à l’égard du président Paul Biya, qui gouverne le Cameroun avec une main de fer depuis plus de deux décennies. Son émetteur avait été fermé le 14 novembre dernier sur ordre du ministre de la Communication, Jacques Fame Ndongo.
L’autorisation de reprendre les programmes reste cependant soumise à conditions et la station doit notamment respecter son « caractère confessionnel » et se soumettre à la « tutelle de l’archidiocèse de Douala », précise RSF. Pour la deuxième fois en trois ans, Veritas était interdite de diffusion. Les observateurs estiment que cette mesure est en lien avec les élections présidentielles de 2004.
La mise en service de Radio Veritas fait suite à la libéralisation du secteur de l’audiovisuel au Cameroun. Une loi a été adoptée dans ce sens en 1990. Son décret d’application, paru en 2000, donne six mois au ministre de la Communication pour répondre à la demande d’attribution d’une licence aux demandeurs. Or, par deux fois, le cardinal Tumi, au nom de son archidiocèse, a introduit un dossier de demande de licence d’exploitation de radio auprès du ministre de la Communication.
Le cardinal Tumi est connu pour ses critiques acerbes à l’encontre du pouvoir camerounais. Il n’avait pas exclu de se présenter à l’élection présidentielle de l’année prochaine si le Vatican l’autorisait. Radio Veritas émettait depuis trois semaines seulement sur Douala et ses environs. L’ordre d’interdiction a été donné le 13 novembre 2003.
Freedom FM également dans le collimateur du régime
Une autre radio qui n’a pas l’heur de plaire au régime de Paul Biya – Freedom FM -, un projet de radio du groupe « Le Messager », créée par le journaliste Pius Njawé, est interdite d’antenne depuis mai dernier parce qu’il dérange. Pour RSF, le gouvernement a beau se retrancher derrière des arguments techniques ou juridiques, il est évident qu’il s’agit de « mesures politiques ». Il est à craindre que la situation ne dégénère à l’approche de l’élection présidentielle de 2004, poursuit RSF qui a, à l’époque, fustigé la fermeture de Radio Veritas et de Radio Freedom. « Comment se fait-il qu’à quelques semaines d’intervalles, les autorités octroient des fréquences à d’autres radios et interdisent au cardinal Tumi d’émettre », s’interrogeait alors RSF. (apic/rsf/be)
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