Lourdes, Paray-le-Monial, Einsiedeln ou Taizé sont connus de chacun. Il est d’autres lieux, en Suisse romande, où les croyants et les chercheurs de sens peuvent vivre des jours de silence, de paix et de contemplation. Chaque semaine, notre collaborateur Paul Jubin présente un de ces endroits où l’on s’approche de la Source. Il rencontre aujourd’hui les Bernardines de Collombey.

A la découverte des lieux de prière et de ressourcement en Suisse romande (IV)

Chez les Bernardines de Collombey

La forteresse d’Arbignon, datant du début du 13e siècle, surplombait le bourg valaisan de Collombey, tout près de Monthey, dans la vallée du Rhône. L’arrivée des moniales en 1647 l’a sauvée de la ruine. Depuis lors, les Bernardines y rythment leurs 8 temps de prière quotidienne. Pourquoi « Bernardines » ? Ce terme désignait communément les moniales cisterciennes au 17e siècle. Elles sont actuellement 18, en habit blanc et voile noir, à partager leurs journées entre la prière, la lecture et le travail. « La journée monastique est conçue comme un temps d’apprentissage de la prière. Ne vous faites pas d’illusions ! Nous ne nous sentons pas éloignées de ceux qui viennent à l’hôtellerie: la recherche de Dieu est la même », remarque en souriant Soeur Gilberte, prieure de la communauté depuis 14 ans.

Les proches voisins ont d’excellentes relations avec le monastère. Comme d’autres, ils confient leurs soucis et leurs bonheurs à la prière des moniales. Le monde reste présent dans la supplication. Il suffit aux Soeurs de vivre la prière des psaumes pour porter les joies et les dérapages des humains sur la terre. Les Bernardines sont aussi informées par trois quotidiens des événements majeurs. Au moment des élections, elles suivent les problèmes et assument leurs responsabilités civiques. Les tendances politiques sont diverses au sein de la communauté !

Pour vivre, les moniales fabriquent des hosties pour les paroisses du Valais et assurent la gestion de l’Etoile sonore, sonothèque pour aveugles, handicapés de la vue et toute personne empêchée de lire par elle-même. Par cette activité unique dans un monastère de Suisse, elles proposent un large éventail de livres enregistrés sur cassettes, à thèmes bibliques ou spirituels (TOB ou BJ ; commentaires), mais aussi biographies, témoignages, romans policiers, documentaires géographiques ou historiques, ouvrages traitant de questions actuelles. Plus de 18’000 cassettes apportent ainsi une nourriture spirituelle, un enrichissement ou une détente à ceux qui ne peuvent avoir accès à cette source de sagesse qu’est la lecture.

Toute l’année, les Bernardines accueillent des retraitants, des groupes et des visiteurs dans l’hôtellerie, dont la capacité maximale est de 15 places. Ils peuvent séjourner au monastère une semaine au maximum. Une grande salle d’accueil permet le travail en groupe. Chacun veut couper avec sa réalité quotidienne, chercher le silence, prendre du recul dans sa vie. Et partager la prière des moniales, leur demander conseil. Il importe d’être en paix avec soi-même pour mieux accueillir le Tout Autre, et les autres.

L’église conventuelle se trouve en harmonie avec la vie des moniales où le superflu n’a aucune part. Sobre, aux ligne pures, avec un mobilier en noyer, ce lieu est habité par une Présence. A l’entrée, on peut lire : « Puisse ce lieu vous faire entrer en communion avec celles qui ont fait de Dieu la source de leur joie. » Paul Jubin

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