Pékin préfère emprisonner en silence
Pékin, 22 décembre 2003 (Apic) Trois chrétiens chinois ont été inculpés après avoir transmis à l’étranger des informations sur une campagne de répression contre des «activités religieuses illégales», indique l’Agence France presse, se basant sur des information du parquet.
L’un des trois, Xu, Liu et Zhang, arrêté en compagnie de Xu Yonghai et Liu Fenggang, avaient déjà été inculpés au début du mois mais l’accusation avait renvoyé le dossier à la police, les preuves fournies n’étant pas suffisantes, selon un responsable du parquet de l’arrondissement de Xiaoshan à Hangzhou (est).
Selon le Centre d’information sur les droits de l’Homme et la démocratie en Chine, les trois chrétiens ont été accusés d’avoir «fourni illégalement des informations à l’étranger» après avoir alerté sur la destruction de plusieurs dizaines lieux de culte clandestins, chez des particuliers, dans la province du Zhejiang (est).
La Chine autorise la pratique des religions chrétienne et musulmane, ainsi que du bouddhisme et du taoïsme, mais uniquement dans le cadre d’associations patriotiques encadrées par le gouvernement.
La campagne contre les Eglises s’intensifie
Depuis un certain temps, les actions menées contre des membres de l’Eglise catholique et contre des protestants semblent s’intensifier en Chine. Une vingtaine de dirigeants de groupes protestants ont été arrêtés ces derniers mois dans le nord de la province du Jiangsu (est), dans le cadre d’une campagne d’éradication des « organisations religieuses illégales », rapportaient fin novembre des responsables locaux.
En octobre déjà, une douzaine de prêtres et de séminaristes catholiques ont été arrêtés dans la province de l’Hebei, au nord de la Chine. Les personnes arrêtées font partie de l’Eglise catholique dite « clandestine », c’est-à-dire non inscrite auprès de l’organisme gouvernementale qui regroupe les Eglises « approuvées » par l’Etat.
Dans la province du Jiangsu, quelque 125 endroits dans lesquels plusieurs familles se réunissaient pour prier ont été fermés depuis le mois de juillet, privant environ 3’000 fidèles de lieux de culte, indiquait pour sa part le Centre d’information pour les droits de l’Homme et la démocratie en Chine, basé à Hong Kong.
Une campagne de répression a aussi récemment été signalée dans la province voisine du Zhejiang (est). Plusieurs centaines de temples et d’églises ont été fermées par les autorités chinoises. Motif: leurs fidèles n’appartiennent pas aux communautés religieuses reconnues par l’Etat. Au total, ce sont 392 lieux de culte et de prière qui auraient été fermés à l’occasion d’une campagne contre les « groupes religieux illégaux ». De plus, quatre églises et 24 temples auraient été détruits, et 92 lieux de culte bouddhiste auraient été réquisitionnés et transformés en « centres de redressement ».
Trois petits tours et puis s’en va
Chapitre répression encore: six ans après son arrestation par la police, un évêque clandestin chinois âgé de 72 ans a redonné des signes de vie. Mgr Jacques Su Zhimin, évêque de Baoding, disparu depuis octobre 1997, a été transféré sous forte escorte policière à l’hôpital central de Baoding, dans le Hebei, la province entourant Pékin.
Arrêté et emprisonné le 8 octobre 1997, l’évêque non officiel de Baoding n’avait plus été vu depuis et aucune information sur son lieu de détention n’avait été transmises à ses proches. Quelque temps après sa réapparition, Mgr Jacques Su Zhimin, disparaissait à nouveau après un séjour à l’hôpital.
Mgr Jacob Su Zhimin a déjà passé 27 ans de sa vie en prison. Il fait partie des nombreux évêques et prêtres « clandestins » (fidèles à Rome) arrêtés par le gouvernement chinois. L’évêque auxiliaire de Baoding, Mgr Francesco An Shuxin, âgé de 53 ans, a également disparu depuis son arrestation en mai 1996.
Chapitre arrestation toujours: une douzaine de prêtres et de séminaristes catholiques ont été arrêtés le 20 octobre dans la province de l’Hebei, au nord de la Chine, indiquait de son côté une organisation religieuse de défense des droits de l’homme basée aux Etats- Unis. Les personnes arrêtées font partie de l’Eglise catholique dite « clandestine ».
En octobre encore, des sources de l’Eglise catholique en Chine faisaient état de l’interpellation de deux évêques âgés de la partie « clandestine » de l’Eglise, placés en résidence surveillée. Ils ont ensuite été pressés par les autorités d’adhérer à l’Association patriotique des catholiques chinois. Les évêques, Mgr Peter Zhao Zhendong, de Xuanhua, et Mgr Yao Liang, de Xiwanzi, appartiennent à deux diocèses de la province du Hebei qui figurent dans les listes des diocèses publiées par le Vatican. (apic/ag/fides/uc/pr)
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