Liban: Message de Noël du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir
Beyrouth, 24 décembre 2003 (Apic) Les Libanais, en raison d’un « détournement de pouvoir », sont transformés en étrangers dans leur propre pays, a déploré le patriarche maronite dans son « Message de Noël ». Le cardinal Nasrallah Sfeir affirme qu’il s’agit là « d’une grave déviation du cours de la démocratie véritable, un déni des droits les plus élémentaires des citoyens comme aussi un véritable détournement des institutions gouvernementales ».
Le cardinal Nasrallah Sfeirne ne mâche pas ses mots pour parler de la manière dont sont conduites les affaires publiques du pays. Le chef de l’Eglise maronite a signalé ce grave travers dans la vie nationale, sans omettre aussi de signaler les difficultés économiques et sociales que rencontrent les Libanais, sur fond d’espérance dans la vocation du chrétien à la vie divine, dans son message de Noël.
« Noël est de retour cette année, sans la joie humaine que la Fête porte d’habitude. Mais la joie spirituelle demeure plus rayonnante que jamais, et c’est finalement ce qui importe. Car la joie de la terre reste sur terre; elle est passagère. Souvent, elle laisse un goût d’amertume et de regrets. Mais la fête de la Nativité du Seigneur, de l’Incarnation de Jésus, réalise le rêve antique né avec l’homme, et qui se transmet d’une génération à l’autre, celui de l’immortalité. C’est un rêve inné à l’homme. Cette immortalité, qui est le propre de Dieu, nous associe à sa nature éternelle ».
Toutefois, poursuit le cardinal, « peu d’hommes sont conscients de ces vérités de foi. Elles ne leur parviennent pas avec suffisamment de clarté, ou alors ils décident de les ignorer, ou encore ils ne les appliquent pas dans leur vie quotidienne. S’ils en étaient conscients et les appliquaient, ils ne se conduiraient pas comme ils le font, les guerres ne faucheraient pas tous les jours des victimes, comme nous l’avons vue sur notre terre, et comme nous le voyons toujours autour de nous depuis plus d’un demi-siècle (et voici qu’une nouvelle guerre s’est allumée il n’y a pas longtemps dans un pays qui nous est voisin), la faim ne ravagerait pas l’humanité, alors qu’une minorité jouit de tous les biens de la terre insouciante du sort du reste du monde. C’est là la cause première du terrorisme qui ravage le monde, des actes commis par désespoir par des hommes que la crainte de Dieu et l’idée du jugement qui les attends ont désertées ».
Le chômage
Certes, relève le patriarche Sfeir, la joie humaine n’est pas au rendez-vous. « Et comment le serait-elle, puisque la majorité des Libanais se plaint de l’absence d’emplois, du chômage endémique, de difficultés matérielles, une plainte qui s’élève de toutes les catégories sociales ».
Le cardinal s’inquiète enfin de la cherté de la vie pour les Libanais, avant de s’en rendre responsable les politiques du pays de l’exode rural vers Beyrouth. Il termine son message en émettant l’espoir de voir « le Liban reprendre sa place au soleil dans la communauté des nations souveraines et libres, d’une souveraineté sans partage et d’une indépendance inaliénable ». (apic/com/pr)
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