Appel au gouvernement et aux rebelles

Burundi: Les évêques du pays condamnent le meurtre du nonce apostolique

Bujumbura, 2 janvier 2004 (Apic) Les évêques du Burundi condamnent fermement le meurtre du nonce apostolique, assassiné le 29 décembre dernier. Dans un communiqué daté du 31 décembre et publié par le Saint- Siège le 2 janvier 2004, l’Eglise locale demande au gouvernement d’identifier les coupables et de les traduire en justice. Ils appellent en outre les rebelles à déposer les armes.

«A tous ceux qui comptent encore sur les armes et qui ne veulent pas dialoguer avec les autres Burundais, à tous ceux qui croient que la guerre et la violence, les meurtres, les destructions et les pillages sont des moyens de parvenir au pouvoir politique et aux richesses, les évêques demandent qu’ils fassent un examen de conscience et qu’ils acceptent de suivre les conseils que Mgr Michael Courtney n’a cessé de leur prodiguer malgré leur opposition».

Les évêques forment le voeu que «l’héritage de cet homme de Dieu puisse aider ceux qui travaillent déjà ensemble à la mise en pratique des accords conclus à espérer l’avenir meilleur fondé sur la bonne collaboration», peut-on lire dans ce message en français.

«Attristés» par cet assassinat, les six évêques burundais, signataires du communiqué, expriment leur condoléances à la famille du nonce irlandais et à Jean Paul II qui l’avait envoyé en août 2000 nonce au Burundi afin «d’aider ce pays à retrouver la voie de l’unité et de la paix, grâce à la vérité, à la justice et le dialogue».

«Nuit et jour, sans relâche, Mgr Michael Courtney a aidé les Burundais à rétablir entre eux l’entente et la concorde par le dialogue», estime la Conférence des évêques présidée par Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega. «Voilà l’engagement qui a caractérisé l’action de cet évêque pendant les trois ans qu’il vient de passer au Burundi. Il n’a ménagé aucun effort pour rapprocher les Burundais, sans en exclure aucun. Il a voulu ainsi montrer qu’il n’y a pas d’autres voie pour sauver notre pays, si ce n’est le dialogue, la concertation et le rejet définitif du meurtre et des assassinats comme un moyen politique» ajoute le communiqué.

Les évêques demandent par ailleurs au gouvernement du Burundi d’enquêter pour connaître les auteurs et le mobile de ce crime, et de traduire les coupables en justice.

Ultimatum des rebelles

Présent aux funérailles le 31 décembre dans la cathédrale de Bujumbura, la capitale du pays, le président du Burundi, le Hutu Domitien Ndayizeye avait souligné combien cet ambassadeur du Vatican avait «joué un rôle essentiel dans l’évolution du pays vers la paix». Il demandait en outre aux Forces nationales de libération (FNL), dernier mouvement rebelle hutu, de reprendre la voie du dialogue. Dans ce pays en guerre civile depuis 1993, c’est en novembre dernier qu’un accord de paix avait été signé entre le gouvernement et les Forces pour la défense de la démocratie (Fdd), d’origine ethnique tutsie.

Le jour des funérailles, le FNL, accusé du meurtre du nonce apostolique par le gouvernement et par le président de la Conférence épiscopale du Burundi, Mgr Simon Ntamwana, a lancé un ultimatum à ce dernier, lui ordonnant de quitter le pays dans les 30 jours. Le FNL nie toute implication dans cet assassinat, «devant le peuple burundais et l’Eglise catholique».Il rejette la responsabilité sur les forces armées. (apic/imedia/pr)

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