Etats-Unis: L’Eglise applique la tolérance zéro pour la pédophilie, indique Mgr Gregory
Washington, 5 janvier 2004 (Apic) L’Eglise catholique américaine applique la tolérance zéro en matière de pédophilie, a affirmé dimanche le président de la Conférence épiscopale, Mgr Wilton D. Gregory, évêque de Belleville et président de la Conférence des évêques des Etats-Unis. Les évêques de ce pays publieront mardi un rapport sur le sujet.
L’Eglise catholique, assure-t-il, est décidée à révoquer immédiatement tout ecclésiastique coupable d’abuser sexuellement de mineurs. « Je crois que cette politique marche bien », a souligné Mgr Gregory, interrogé sur la chaîne ABC sur les conséquences du vaste scandale de pédophilie ayant impliqué, en 2002, des centaines de prêtres.
Pour l’évêque, « c’est une nouvelle aventure pour les évêques des Etats-Unis que de travailler ensemble, chacun dans son diocèse, en poursuivant une politique commune. Je crois que nous avons pris les bonnes décisions », a-t-il ajouté.
Mgr Gregory a indiqué que les dirigeants catholiques publieront mardi un rapport détaillé sur la façon dont les 195 diocèses des Etats-Unis appliquent la nouvelle politique de tolérance zéro. Ce rapport « montrera au peuple américain que les évêques ont tenu leur parole de mettre en place des règles appliquées dans chaque diocèse ».
Quelques groupes catholiques se déclarés sceptiques quant au contenu de ce rapport. Arguant que les résultats de l’enquête pourraient servir de preuves dans les procès pour pédophilie.
23 prêtres protestent à propos de la stigmatisation des « gays » dans l’Eglise
Par ailleurs, en ce qui concerne l’homosexualité dans l’Eglise, vingt-trois prêtres du diocèse de Chicago ont publié une lettre ouverte en décembre 2003 critiquant le langage stigmatisant, utilisé par certains officiels de l’Eglise catholique et dans des documents concernant l’homosexualité.
« Récemment, des évêques, et même des Conférences épiscopales, ainsi que le Vatican, ont adopté « un ton abusif et d’une telle violence envers ces fils et filles de l’Eglise » que « nous ne pouvons plus longtemps nous taire », peut-on lire dans la lettre. Celle-ci insiste spécialement sur le langage d’un document du Vatican, de juillet 2003, publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’opposant aux mariages entre homosexuels.
Selon les vingt-trois prêtres, le document, intitulé « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles », nomme l’homosexualité ’un phénomène moral et social inquiétant’ et ’une grave dépravation’. Les signataires poursuivent en déclarant que »le mouvement favorable aux mariages gays y est caractérisé d’approbation ou légalisation du mal ».
Dans une lettre du 19 décembre aux 23 signataires, le cardinal Francis E. George, archevêque de Chicago, reconnaît le besoin d’une attention pastorale à tous les enfants de Dieu mais affirme cependant que « l’Eglise ne peut pas faire de compromis dans ses enseignements moraux. » Lorsque l’Eglise défend le langage « moral et doctrinal », reconnaît-il, cela peut poser des « difficultés au plan pastoral ». (apic/ag/pr/cns/vb)
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