Rome: L’instruction sur l’Eucharistie a été approuvée: pas de nouveautés
Rome, 7 janvier 2003 (Apic) L’instruction sur l’Eucharistie a été approuvée. Elle sera publiée dans les prochaines semaines. Selon des informations parvenues mercredi à l’Apic, cette instruction ne contiendrait pas de nouveautés.
L’instruction sur l’Eucharistie, voulue par le pape Jean Paul II dans son encyclique «Ecclesia de Eucharistia» a finalement été approuvée. De nombreuses versions ont été nécessaires avant de parvenir à la version finale qui a finalement été approuvée, a-t-on affirmé au Vatican. On précise d’emblée que cette instruction ne fera que rappeler ce qui a déjà été dit dans le passé. Il s’agira d’une version «plus digeste des notes insérées dans le Missel romain».
Toujours selon ce qui a été appris au Vatican, des pressions ont été faites sur les rédacteurs de l’instruction – issus pour la plupart de la Congrégation pour le culte divin – afin de publier un texte qui ne puisse pas provoquer de remous en terme d’interdits ou de positions extrêmes.
Au mois de septembre 2003, une ébauche de ce texte avait été publiée par la revue mensuelle italienne «Jesus». Cette version fut rejetée par les consultants du Vatican chargés de donner leur avis, en raison de ses positions trop conservatrices.
Dans son encyclique sur l’Eucharistie publiée le 16 avril 2003, Jean Paul II avait demander la publication d’une instruction «avec des rappels d’ordre juridiques», sur «ce thème d’une grande importance» afin de «renforcer le sens profond des normes liturgiques».
Le point de vue des jésuites
Dans un article de leur revue consacré au quarante ans de la constitution conciliaire sur la liturgie et publiée fin décembre 2003, les jésuites de «La Civilta cattolica» avaient affirmé que les manifestations des catholiques conservateurs souhaitant retrouver l’ancien rite n’étaient pas seulement le signe d’une «incurable nostalgie», mais aussi d’un «malaise liturgico-pastoral à ne pas sous évaluer, mais à interpréter».
Parlant «d’invasions des nouveaux instruments» et «d’ostracisme du chant en latin», les jésuites ont aussi évoqué en termes critiques les «prières eucharistiques sauvages».
«D’un cadre excessivement rigide, ont-ils expliqué, nous sommes passés à un cadre excessivement libre. S’il y avait autrefois une certaine fixité, une sclérose de forme, une forme affectée qui faisait de la liturgie une liturgie ’de fer’, il y a aujourd’hui un élan naturel et une spontanéité, indubitablement sincères, mais aussi des mauvaises interprétations, des malentendus qui font – ou risquent de faire – de la liturgie, une ’liturgie de caoutchouc’, glissante, savonneuse et qui s’exprime parfois de manière ostentatoire en dehors de toute norme».
Tradition, mais avec un «t» minuscule
Pour eux, la responsabilité ne découle pas «de la réforme», mais de «l’application» de la réforme, «c’est à dire de l’incapacité à la comprendre et à l’appliquer». Le culte prêté à une «spontanéité sans frein», qualifiée de «nouvelle idole» par les jésuites, «enchaîne la réaction – injustifiée mais en partie compréhensible – des adversaires de la réforme liturgique qui vont jusqu’à refuser l’expression même de réforme liturgique». Ils ont souligné en conclusion la présence de deux dangers, «un sens de la créativité mal compris» et un «retour nostalgique au formalisme et à la tradition avec un ’t’ minuscule».
Les tenants des deux parties «pèchent par excès», ont encore souligné les jésuites en ajoutant que les «abus de ne se règlent pas avec des réprimandes» mais par «la formation». (apic/imedia/pr)
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