La presse, inquiète, prend pour cible le président Wade

Sénégal: Les évêques réclament des mesures de protection pour les prêtres

Dakar, 7 janvier 2004 (Apic) Les évêques du Sénégal demandent à l’Etat d’assurer la protection des prêtres, y compris de l’archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr. L’Eglise catholique a reçu des menaces de mort pour avoir dénoncé, fin novembre dernier, la dégradation du climat socio- politique dans le pays.

L’affaire est prise très au sérieux au Sénégal: des organisations civiles ont également demandé à l’Etat d’assurer la sécurité du clergé et des évêques. Quant à la presse, elle s’inquiète des risques d’implosion.

Mgr Sarr a été nommément visé dans la lettre de menaces, rendue publique lundi 5 janvier 2004 par l’Organisation nationale de défense des droits de l’homme du Sénégal (Ondh). Signée du « Cercle des Jeunes d’Acier » (Cja), ses auteurs anonymes disent avoir agi avec l’accord du président Abdoulaye Wade. Ils reprochent à l’Eglise d’avoir critiqué le pouvoir, fin novembre dernier, à l’issue d’une rencontre de la Conférence épiscopale du Sénégal.

Au cours d’une réunion mardi, les évêques ont demandé aux « fidèles chrétiens de rester vigilants, d’être en prière, de porter dans la foi, ces évènements et de rester sereins ». « Ce n’est pas que nous ne prenons pas au sérieux ces menaces, mais nous invitons les fidèles à être sereins », a déclaré à la radio sénégalaise « Sud-Fm », un porte-parole des évêques, l’abbé Adolphe Faye. « S’il est vrai que ce sont les catholiques sénégalais qui sont directement concernés – leurs prêtres étant menacés -, la menace concerne aussi tous les sénégalais ».

De son côté la presse sénégalaise a poursuivi mercredi ses attaques contre le président Abdoulaye Wade pour avoir adressé une lettre de protestation à l’Eglise catholique. Elle fustige les auteurs des menaces de mort adressées à l’archevêque de Dakar. Le quotidien « Le Populaire » trouve « anormal que des hors la loi veuillent prendre le pays en otage, pendant que le gouvernement se complait dans un mutisme inquiétant ». « Pas même un petit mot pour condamner cet acte », souligne le quotidien. Qui relève: « Comme dit l’adage, qui ne dit mot consent ».

Pour sa part, Radio « Sud-Fm » s’en est violemment pris au président Wade qu’elle accuse de donner le mauvais exemple, « en étant le premier à mener des actes de dérive ». (apic/ibc/pr)

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