Israël: La Cour suprême lève l’interdiction municipale de vendre de la viande de porc
Tibériade, 7 janvier 2004 (Apic) La Cour suprême israélienne a levé en début de semaine l’interdiction de vendre de la viande de porc édictée par la municipalité de Tibériade, en Galilée, dans le nord d’Israël. Cette interdiction, basée sur des motifs religieux juifs, est vivement combattue par les milieux du tourisme, ainsi que par l’important secteur économique qui vit de l’industrie porcine israélienne.
L’Etat hébreu, après des années de vives controverses, a adopté une loi en 1963 permettant l’élevage de porcs uniquement dans les instituts de recherche, les zoos et dans certaines zones spécifiques, principalement là où vivent d’importantes populations chrétiennes. Depuis l’afflux massif d’immigrés d’ex-Union soviétique dans les années 90, la demande de viande de porc et son commerce illicite connaissent une forte croissance. Des kibboutz, arguant du maintien de porcheries dans un but scientifique, font en fait de l’élevage de porcs, étant donné que les surplus des instituts de recherche peuvent légalement servir à la boucherie.
Le nouveau maire ultra-orthodoxe sévit
Répondant à une requête de la compagnie israélienne « Ma’adanei Menia », le tribunal a suspendu l’entrée en vigueur d’un arrêt des autorités municipales de Tibériade interdisant de vendre de la viande porcine dans la ville. Cette décision restera en vigueur tant que la Cour suprême n’a pas jugé la demande sur le fond.
Ces deux dernières années, la Cour suprême israélienne a été saisie de recours contre des arrêts municipaux interdisant la vente de viande de porc dans des villes comme Beit Shemesh, Karmiel et Tibériade. Tandis que la municipalité de Beit Shemesh a désigné des zones de la ville où la viande de porc peut être vendue, Tibériade a interdit ce commerce sur l’ensemble de son territoire. Il semble que la Cour suprême va légiférer en proposant des « compromis territoriaux ».
L’entreprise « Ma’adanei Menia » souligne dans sa plainte que depuis l’arrivée à la mairie de Tibériade du nouveau maire Zohar Oved, du parti ultra-religieux séfarade Shass, la municipalité fait désormais appliquer l’interdiction dans toute sa juridiction, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Le boeuf kasher protège le consommateur contre la maladie de la vache folle
Pendant que la Cour suprême israélienne cogite sur la légalité de l’interdiction visant la viande de porc, des rabbins orthodoxes aux Etats- Unis font la réclame pour le boeuf kasher. Selon des experts juifs orthodoxes spécialistes des règles concernant les interdits alimentaires juifs, le fait de manger du boeuf certifié kasher par les rabbins pourrait contribuer à protéger les consommateurs contre la maladie de la vache folle, rapporte la presse israélienne de mercredi. Ils reconnaissent cependant qu’il n’y a aucune garantie que le boeuf kasher soit plus sûr.
Le rabbin Menachem Genack, administrateur de la division de la « kashrout » (ensemble des prescriptions alimentaires rituelles du judaïsme) de l’Union des congrégations juives orthodoxes d’Amérique, a souligné que deux des nouvelles mesures préventives annoncées par le ministère américain de l’Agriculture la semaine dernière correspondent déjà à partie de la manière traditionnelle d’abattage du bétail conforme à la kashrout.
Les animaux subissant l’abattage rituel ont été élevés dans les mêmes troupeaux que les autres animaux non kasher et ont mangé la même nourriture, reconnaît toutefois le rabbin américain. La garantie n’est donc pas totale. C’est peut-être la raison pour laquelle la vente de boeuf kasher n’a pas connu de croissance significative depuis la découverte dans l’Etat de Washington d’une vache d’origine canadienne atteinte de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). (apic/haar/jpost/be)
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