Mgr Masserdotti accuse «les secteurs opposés aux indigènes»
Brasilia, 12 janvier 2004 (Apic) Mgr Franco Masserdotti, président du Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), au Brésil, a qualifié d’»absurde» l’attaque contre l’engagement de l’Eglise, à la suite du séquestre, la semaine dernière, de trois missionnaires catholiques travaillant dans la réserve indigène de Raposa Serra do Sol (Roraima, nord du Brésil). Les trois religieux, pris en otage durant trois jours, ont finalement été libérés jeudi dernier en fin d’après-midi.
L’enlèvement des religieux de la Consolata s’inscrit «dans le cadre de la protestation des latifundistes, qui s’opposent au passage de la terre aux indigènes», écrit L’Agence Vidimus Dominum. Pour Mgr Masserdotti, cet acte relève de «la vieille stratégie qui consiste à entretenir le conflit intérieur» et de la politique agressive entretenue au Brésil par «les secteurs qui s’opposent aux indigènes».
L’Agence missionnaire Misna indiquait jeudi que les auteurs de l’enlèvement, un groupe de cultivateurs de riz, les ’fazendeiros’ (propriétaires de latifundium) et des indigènes étaient «instrumentalisés par des personnalités politiques et des entrepreneurs de Roraima». Ceux-ci s’opposent à l’homologation de Raposa, à savoir à la restitution définitive des terres aux communautés indigènes. Selon l’agence missionnaire, l’enlèvement des trois missionnaires est lié à la protestation des latifundistes locaux contre la loi qui prévoit le passage de la terre aux Indiens de l’Amérique du Sud.
Mgr Pedro Casaldaliga se rendra sur place
Le CIMI, soutient les missionnaires et l’action menée par ceux-ci et l’Eglise dans cette région, assure Mgr Franco Masserdotti, qui dénonce la «gravité» de la situation.
La lutte pour défendre les Indiens a également mobilisé la Commission pastorale de la Terre. Mgr Tomas Balduino, et Mgr Pedro Casaldaliga, des figures importantes dans la défense des Indiens, ont annoncé qu’ils seront à Roraima ces jours prochains pour rencontrer les Indiens et suivre le développement de la protestation et des revendications. Les Indiens, en effet, sont en train de manifester eux aussi, bloquant notamment un certain nombre de routes.
Le père Giorgio Dal Ben, Italien, installé au Brésil depuis 35 ans, missionnaire de la Consolata, estime pour sa part que face à la loi, que le président Lula ne devrait pas tarder à signer, «il fallait s’attendre à une réaction contre ceux qui – comme l’Eglise et les missionnaires – , ont appuyé les justes revendications des Indiens, concernant la reprise de leurs terres». Le missionnaire italien s’insurge contre une interprétation politique l’action des ses confrères et de l’Eglise. «Nous refusons de donner à ce terme la signification de position de parti. Il doit être situé, en revanche, dans une marche de la vie contre la mort, donc comme une expression très concrète, très forte, pacifique et efficace». (apic/vd/pr)
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