Québec: Les tests de dépistage du VIH/sida pour séminaristes ne font pas l’unanimité
Montréal/Québec, 13 janvier 2004 (Apic) Alors que le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, s’est déclaré favorable à l’idée de soumettre les futurs prêtres à un test de dépistage du VIH/sida, son confrère de Québec ne voit pas la nécessité d’une telle mesure. Le cardinal Marc Ouellet estime en effet que les tests de contrôle de santé imposés jusqu’à maintenant aux candidats à la prêtrise sont suffisants.
Ainsi, le grand séminaire de Québec ne devrait pas suivre celui de Montréal et ne devrait pas adopter ce nouveau critère de sélection pour ses futurs prêtres. La mesure, qui défraie la chronique et provoque l’ire des milieux gays, n’est pas considérée comme discriminatoire par le cardinal Turcotte.
Réagissant à la controverse suscitée par la décision du Grand Séminaire, Mgr Jean-Claude Turcotte affirme que la mesure, qui devrait entrer en vigueur cet automne, ne vise pas à éliminer les candidats homosexuels. Le cardinal rappelle que le critère de la santé des candidats a toujours été important, vu la durée de la formation pour devenir prêtre et le fait que l’on requiert des candidats un engagement de toute une vie. L’archevêque de Montréal déplore les intentions discriminatoires qui lui ont été prêtées, rapporte Radio Canada. «Ce n’est pas l’orientation sexuelle qui compte, a-t-il martelé. Ce n’est pas une chasse aux sorcières. C’est une maladie du monde présent qui hypothèque une vie».
Pas d’intention de discriminer les gays
Un 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrant la messe dans la paroisse de Saint-Pierre-Apôtre, dans le Village, au coeur du quartier «gay» de Montréal, le cardinal Turcotte n’avait-il pas lui-même lancé: «Arrêtez de penser que le sida est une punition de Dieu.Comme n’importe quelle autre maladie, ce n’est pas une punition et ces personnes- là ont droit au respect de leur dignité». Lors de la bénédiction, l’archevêque de Montréal avait encore dit aux gays présents: «Ecoutez, je vous assure que vous êtes aimés de Dieu, quoi qu’on vous dise!»
A propos du test de dépistage du sida, il ne s’agit pas de savoir si le candidat est homosexuel ou hétérosexuel, mais s’il a une sexualité active ou pas, car l’Eglise latine exige la chasteté. Le cardinal Turcotte considère que les aspirants à la prêtrise aujourd’hui sont plus âgés qu’auparavant. Ils ont donc plus de chance d’avoir eu des expériences sexuelles avant leur entrée au séminaire. Les responsables veulent donc s’assurer que les candidats sont à l’aise avec l’exigence de chasteté. La question, selon l’archevêque de Montréal, c’est la capacité du candidat au sacerdoce de vivre le célibat, donc de vivre dans les conditions que l’Eglise demande, «et cela est possible pour des homosexuels comme pour des hétérosexuels».
Pour l’entrée au Grand Séminaire de Québec, les candidats à la prêtrise doivent remplir un questionnaire concernant notamment leur état de santé – un éventuel handicap, une maladie ou une situation personnelle susceptible d’influer sur l’exercice de la prêtrise, comme la dépendance aux drogues ou à l’alcool, l’épilepsie ou le VIH/sida – et déclarer les médicaments qu’ils prennent. Le cardinal Ouellet estime que la procédure actuelle est suffisante. (apic/rc/be)
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